Les malts nippons se développent dans l’Hexagone, touchant de nouvelles clientèles. Et le saké commence à émerger.

 

Au départ, le cube de glace affiche une taille importante. Avec un pic à trois branches, le barman, lui, prodigue des coups précis.

En un temps record, il sculpte une boule capable d’entrer dans un verre. Avant d’y verser de l’Hibiki 12 ans d’âge, l’une des références du groupe Suntory.

Cet « ice ball » est l’une des manières, toute japonaise, de déguster les whiskys. Il trouve son écho dans l’Hexagone. Car les whiskys japonais y font une vraie percée.

Autre acteur du marché, Nikka a, de son côté, vendu quelque 300.000 bouteilles en 2012 dans l’Hexagone et prévoit d’en écouler près de 380.000 cette année.

Cet engouement s’explique par une envie de tester d’autres goûts. Mais aussi par l’intérêt des Français pour la culture du pays du Soleil-levant, qu’il s’agisse des mangas ou du thé vert.

« Le Japon est un pays qui fascine. Ses whiskys ont une histoire à raconter. Et ils séduisent une clientèle plus féminine et plus jeune », remarque Thierry Benitah, le patron de La Maison du whisky, qui représente aussi la marque Nikka en France et en Europe.

 

Un positionnement premium

 

Dans l’Hexagone, les whiskys nippons ont un positionnement haut de gamme. Ce qui n’est pas nécessairement le cas dans leur pays d’origine, où la palette de l’offre est très large.

Chez nous, le conseil en magasin garde de l’importance. « Les Français sont curieux. Ils n’hésitent pas à poser des questions aux cavistes et savent aussi se laisser guider vers des découvertes », constate Keita Minari, « Suntory whisky brand manager ».

Les spiritueux japonais présentent souvent une bouteille très reconnaissable, comme Nikka from the Barrel, le best-seller de la marque, au flacon épuré et carré.

La notion de cadeau est aussi importante. Les griffes proposent donc des coffrets, particulièrement en fin d’année mais aussi à la fête des pères.

Chez Nikka, ils s’inspirent de l’origami. Du côté de Suntory, Hibiki sera vendu en juin dans un coffret en bois abritant la bouteille taillée comme un diamant et un verre de dégustation très fin. Le tout enveloppé à la japonaise dans un foulard, le « furoshiki ».

Les autres whiskys de la marque seront aussi emballés avec un jeu savant de pliage.

Pour rendre ses produits un peu plus accessibles, Suntory, qui fête cette année ses 90 ans et qui est distribué en France par Laurent-Perrier, a sorti un nouveau format pour Hibiki en 500 millilitres, plus petit. Et le groupe n’exclut pas de lancer un produit moins onéreux.

 

Des découvertes gustatives associées

 

Pour intéresser de nouveaux publics, les acteurs du marché démultiplient leur présence. Ils jouent aussi sur les correspondances entre les boissons et les mets.

Suntory a mené des partenariats avec le chef Daniel Rose ou le barman du Plaza Athénée Thierry Hernandez. La Japonaise Sakura Franck, installée à Paris, a proposé durant une quinzaine de jours des bentos avec des plats cuisinés aux whiskys Nikka pour célébrer les cerisiers en fleur.

Le boucher star Yves-Marie Le Bourdonnec ou le chocolatier Jacques Genin s’étaient penchés avant elle sur les mariages avec les spiritueux de la marque.

 

L’émergence du saké

 

Mais les malts ne sont pas les seuls alcools made in Japan à faire leur chemin. Le saké commence aussi à faire parler de lui en France. Au point qu’un salon européen, le premier du genre, va lui être consacré les 21 et 22 juin au Bastille Design center, à Paris.

Ce Saké Testing, est initié par Youlin Ly, copropriétaire des restaurants Sakebar et Sola, et par Sylvain Huet, créateur de l’Académie du saké. « Etre présent en France est prestigieux pour un producteur de saké », souligne ce dernier.

La manifestation, qui présentera aussi des spiritueux nippons, vise autant le grand public que les professionnels. Conférences et ateliers leur feront explorer les facettes variées du saké. Et parce que l’intérêt pour la culture du Japon n’est jamais loin de la dégustation de ses alcools, restauration et films se mettront à l’unisson.

 

 

Source: Les echos

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