Conformément à un arrangement légal de plus en plus populaire, une femme de la préfecture de Nara a souscrit un contrat pour son chat de 4 ans, Momo, pour couvrir les frais d’entretien de l’animal dans l’hypothèse où elle décède ou soit atteinte de maladie grave.

 

Le contrat passé avec une société fiduciaire coûte environ 3 millions de yen (22 000€) et est basé sur l’estimation d’un vétérinaire que Momo vivra encore une douzaine d’années.

« Bien que ce contrat soit assez cher j’ai l’impression d’avoir accompli mon devoir en tant que parent » explique cette femme, travailleuse indépendante de 60 ans.

Dans un Japon dont la population vieillit rapidement et où l’espérance de vie des animaux de compagnie s’allonge, des banques, des sociétés fiduciaires et des compagnies d’assurance proposent des contrats de confiance pour ces derniers.

Conformément aux accords passés avec les propriétaires, les entreprises gèrent toutes les dépenses et prennent les décisions nécessaires concernant les soins médicaux pour qu’ainsi les animaux puissent vivre sans leur maitre.

La maitresse du chat de Nara est divorcée et ses deux frères cadets sont ses seuls proches. Elle souffre d’asthme chronique et est consciente qu’il n’y aurait personne pour prendre soin de Momo si elle décédait ou tombait gravement malade.

« Pour moi, ce chat compte beaucoup et même plus qu’un enfant pour ses parents, et je ne pouvais laisser mes frères s’en occuper » confesse-t-elle.

Yumiko Yoshimoto, la représentante de la société à but non lucratif « Pet Life » basée à Osaka, qui lui en a fait connaitre les services, estime qu’un tel service est essentiel dans la société actuelle vieillissante.

« Pour les personnes âgées isolées, les animaux sont le dernier compagnon de leur vie » concède-t-elle.

Suivant la tendance, le Club Japonais des Propriétaires d’Animaux de Compagnie situé à Tokyo et qui propose des assurances, prévoit de proposer également au printemps des services fiduciaires pour confier en cas de maladie ou décès du propriétaire les animaux à des vétérinaires.

Le président de l’association, Ryosuke Nogawa, espère faire souscrire 30 000 à 40 000 contrats dans les années à venir.

D’après un rapport de 2010 du Bureau du Cabinet japonais, 36,4% des sexagénaires interrogées ont un animal de compagnie et ce chiffre est de 24,1% pour les septuagénaires et au delà.v

Seiji Kawai, un juriste habitant Tokyo et spécialisé dans les questions de successions, déclare que le nombre de consultations ayant pour objet les animaux de compagnie a augmenté depuis les trois dernières années.

Bien que les propriétaires puissent faire de leur animal un « actif » et lui attribuer un héritier pour en prendre soin, cette procédure est rarement mise en place car nombre d’entre eux n’ont pas de proches pour supporter ce fardeau, d’après M. Kawai.

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Des personnes âgées en compagnie d’un chien « thérapeute » dans un établissement de soin à Matsuyama (photo Asahi Shimbun)

Ce genre de situation a conduit à une augmentation du nombre d’animaux abandonnés quand leurs propriétaires n’ont plus pu s’occuper d’eux.

Pour l’année fiscale 2012 le centre du siège du gouvernement métropolitain de Tokyo a pris en charge 550 animaux de compagnie dans un total de 327 affaires.

Dans 22% des cas, les animaux ont été transférés au centre suite au décès de leur maitre tandis que les propriétaires hospitalisées en représentaient 18%.

L’espérance de vie des animaux de compagnie qui a augmenté grâce aux progrès de la médecine et des produits alimentaires plus nutritifs est aujourd’hui une source de préoccupation pour les propriétaires.

D’après un rapport de l’Association japonaise des Fabricants d’Aliments pour Animaux domestiques pour l’année fiscale 2014, les chiens vivent en moyenne 14,17 ans et les chats 14,82 ans.

Près de 30% des personnes interrogées de 70 ans et plus déclarent avoir renoncé à leur animal car étant incapables d’en prendre soin tout au long de sa vie.

« Avoir un animal de compagnie aide grandement une personne âgée à garder une vie épanouie et en bonne santé et il est grand temps que la société réfléchisse à des moyens pour permettre aux personnes âgées d’avoir un animal sereinement, » affirme Shiro Muranaka, le président de l’Association des Vétérinaires de Tokyo.

 

Source : Asahi Shimbun || Image : Shutterstock.com

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