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10 conseils pour les parents non-japonais souhaitant inscrire leur enfant dans une école japonaise

10 conseils pour les parents non-japonais souhaitant inscrire leur enfant dans une école japonaise

Tandis que des parents non-japonais peuvent croire qu’ils offrent un cadeau éducatif à leurs enfants en les inscrivants dans des établissements scolaires locaux, le travail acharné et les résultats peuvent être des défis tant pour les parents que pour l’enfant.

 

Si vos enfants sont déjà inscrits ou que vous envisagiez de le faire, voici 10 points que les parents doivent garder à l’esprit.

 

  1. La langue entraine la culture.

Bien que beaucoup de parents soient enthousiastes à l’idée d’élever des enfants multilingues, l’apprentissage culturel et social tient aussi une part importante dans ces établissements.

La scolarité est un investissement national pour le futur des générations suivantes et de ses citoyens engagés. Cela signifie que les écoles locales enseignent aux enfants des valeurs locales, nationales et des croyances, qui impactent sur l’identité de l’enfant, de ses relations et de son sentiment d’appartenance à une communauté.

Par exemple, les écoles japonaises ne sont pas toutes aussi diversifiées sur le plan ethnique ou socio-économique que les écoles anglophones de l’Ouest du pays. Les enfants différents peuvent se détachés et dans certains cas souffrir d’ijime, ou brimades, un problème relevé par le Ministère Japonais de l’Éducation.

 

  1. Ce ne sont que compromis et sacrifices.

Tout peut arriver. Par cela, j’entends qu’en étudiant diverses langues simultanément ou successivement, un enfant peut avoir un vocabulaire plus important mais ne retiendra que 80 % de sa langue d’origine. De la même façon, en voulant maintenir un haut niveau dans différentes langues en lecture, en écriture, à l’oral et en compréhension, ils auront probablement moins de temps pour d’autres activités périscolaires.

Il y a seulement 24 heures dans une journée et il a été démontré que l’enfant a besoin de 20 à 30 % de son temps éveillé exposé à une langue pour continuer à la maîtriser.

De plus, le Japonais est très différent de certaines langues, comme l’Anglais, en terme de prononciation, d’alphabet et de grammaire. A l’inverse, apprendre l’Espagnol à un Anglophone est plus facile, grâce aux similitudes de ces deux langues.

 

  1. Quelles sont vos attentes ?

Pendant que les petits camarades de votre enfant rentrent chez eux et continuent de renforcer leur japonais en parlant avec leur famille, votre enfant pourrait prendre du retard sans une aide semblable. Il est recommandé d’avoir des attentes réalistes et supportables sur l’aisance de langage et l’acculturation de chacune des langues et des cultures.

Par exemple, souhaitez-vous qu’ils continuent leurs études dans une université en Japonais, ou pensez-vous qu’à un moment donné ils pourront s’instruire dans leur langue maternelle et comment cela sera vécu ?

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  1. Connaître vos propres limites.

En relation avec le 3ème point, la réussite de votre enfant dépend de votre disponibilité et de votre investissement financier. Si de multiples langues sont à maintenir, un professeur particulier ou after-school juku peut s’avérer nécessaire, car enseigner à votre propre enfant peut entraîner une charge émotionnelle importante.

Avez-vous le temps et les connaissances en Japonais pour rester au courant des évolutions de la langue et de faire le va-et-vient entre les parents et les professeurs dans le renrakuchō, ou agenda quotidien ? Si ce n’est pas le cas, il pourrait être intéressant de mettre en place un système de support. Un parent bilingue d’un camarade de classe de votre enfant, ou engager un étudiant bilingue, peuvent être d’une aide inestimable.

 

  1. Tous les enfants sont différents.

C’est un cliché, mais tous les enfants sont véritablement différents, et pendant que certains enfants assimilent de multiples langages facilement, d’autres ont plus de difficultés. Et même si en apparence ils semblent se ressembler, les expériences individuelles peuvent être uniques.

Un enfant peut être dans une classe très sociable, avoir beaucoup d’amis et augmenter les possibilités d’interagir avec les autres, tandis qu’un autre peut être plus timide et préférer rester avec les autres enfants qui parlent sa langue. De plus, un professeur qui n’a pas encore eu l’expérience de travailler avec des enfants non-natifs au Japonais, pourrait avoir un impact sur l’apprentissage et la motivation de votre enfant.

Par exemple, quelques professeurs japonais peuvent maintenir les enfants étrangers à une certaine norme de niveau en-dessous, en pensant que si l’enfant est en retard, ce n’est pas grave, c’est compréhensible. Quelques écoles et quartiers ont aussi des programmes d’aide en langues étrangères, où l’étudiant étranger peut rencontrer un professeur de langue spécifique quotidiennement, ou qu’un professeur l’accompagne en classe plusieurs heures par semaine pour l’aider.

 

  1. Préparez-vous à la différence.

Soyez préparés à des bonnes et mauvaises surprises, parce que le système sera sûrement bien différent de ce que vous avez l’habitude de voir. En ce qui concerne les règles écrites et orales sur un sujet et comment elles sont enseignées, sans mentionner les équipements, elles pourraient contraster avec vos propres expériences.

Même le calendrier scolaire, les heures de début et de fin de journée, les vacances et les limites d’âge pourraient être nouveaux. Les vacances d’été sont plus courtes que chez nous et les séjours au pays natal pourraient être raccourcis. Et puis, n’oubliez pas que les enfants vont à l’école par leurs propres mayens à partir de 6 ans au Japon, cette perspective peut inquiéter certains parents étrangers.

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  1. Vous rejoignez une communauté.

Pour vous comme pour vos enfants, votre communauté sera composée des parents, des étudiants, des professeurs et des administrateurs de l’école. Si l’école est l’endroit où vous aviez l’habitude de vous faire des amis, vous pouvez aussi expérimenter des méthodes de sociabilisassions parallèles à celles de vos enfants, mais vos enfants peuvent le faire différemment et souvent plus rapidement que vous.

Si vous avez voulu inscrire vos enfants dans ce système et vivre d’avantage à la manière locale, vous serait en accord avec cela. Mais parfois, vous allez avoir besoin de travailler un peu plus pour trouver un ami qui vous comprendra mieux sur le plan familial.

 

  1. Les dynamiques familiales.

Selon les différents membres de votre foyer, les travaux de chaque acteur peuvent faire pencher la balance. Par exemple, pendant que vous parlez Français à vos enfants, comme leur Japonais progresse, cela risque de devenir leur langage secret si vous ne le comprenez pas. Et puis, comme vos enfants vont grandir, l’influence de la langue maternelle va diminuer car ils passeront moins de temps à la maison mais plus à l’école ou à leurs activités périscolaires.

Entre les parents, si l’un d’entre eux prend majoritairement en charge les lourdes responsabilités liées à la scolarité, lui ou elle pourrait voir grandir des ressentiments envers l’autre parent. Et, pour finir, si la culture de l’école est différente que celle de la maison, les parents auront besoin de créer un équilibre à préserver par tous les membres du foyer.

 

  1. Connaître le programme scolaire.

Le système scolaire japonais est centralisé et plutôt fixe par rapport à la plupart de nos écoles, cela signifie que le programme scolaire est standardisé que vous soyez d’accord ou non. Le professeur instruit à une classe d’environ 35 élèves,  sur le devant de la salle et il y a peu d’enseignements individuels ou de débats. Des tâches ménagères scolaires, comme le déjeuner de service et le nettoyage de la salle de classe, sont la norme et on s’attend à ce que les étudiants finissent leur repas préparés à l’école primaire.

L’engagement parental pour la PTA (organisation des parents d’élèves) est souvent une exigence attendue pour les mères de chaque enfant lors de leur année universitaire. Au CM1, beaucoup d’étudiants rejoignent un juku (établissement privé de soutien scolaire) pour préparer les examens d’entrée au collège, ce qui signifie que la partie la plus exigeante de leurs études se passe en dehors de l’école. Cela peut changer la dynamique de classe, en particulier si votre enfant rencontre des difficultés.

 

  1. Le besoin de compléter.

Si vous aimeriez que votre enfant aille un jour dans une université dans un pays francophone comme langue natale, comment maintiendrez-vous son niveau de Français ? Dans le système français, typiquement, la lecture et l’écriture avec une pensée critique s’intensifient à partir de l’école primaire, ainsi, parler à la maison n’est pas suffisant. De la même façon, pour se maintenir au niveau d’un Japonais qui le parle à la maison, est-ce que votre enfant pourrait bénéficier d’un professeur particulier ou d’activités périscolaires en japonais ? Mais gardez à l’esprit que le japonais écrit ou parlé sont très différents dans le choix de mot.

En fin de compte, la chose la plus intimidante pour des parents c’est que vous ne pourrez pas retourner en arrière. En dépit de la controverse, selon des recherches faites parmi de nombreux intellectuels, il est généralement remarqué qu’il devient de plus en plus difficile de conserver l’aisance de la langue natale lorsque nous vieillissons. Bien qu’il n’y ait pas de date limite dans l’ensemble, une étude indique que la capacité de parler avec son accent natal commence à s’amoindrir à l’âge de 6 ans et s’arrête complètement vers le début de la puberté. Ceci dit, des facteurs comme le temps consacré et la motivation peuvent aider à surmonter de tels défis.

Comme l’acquisition de la langue, les valeurs culturelles d’un enfant sont aussi établies et renforcées dans leurs années d’études. Comme vous, vous ne pourrez jamais parler comme un autochtone si vous apprenez la langue après vos 10 ans, par exemple, et vous ne donnerez pas naissance à un enfant entièrement occidentalisé, avec des idéaux occidentaux s’ils ont vécu au Japon jusqu’à un âge semblable, à moins que les parents aient conscience de cette dynamique et y travaillent pour la contrebalancer.

Comme le truisme qu’il n’y a aucun manuel pour votre enfant il n’y a aussi aucun kit d’instructions sur comment être le meilleur soutien pour votre enfant étranger, mais j’espère que cette liste vous aidera. Qui plus est, chaque famille est différente. Avec ces différents points en mémoire, le meilleur conseil est d’évaluer votre situation jour après jour et d’adapter les choses en conséquence.

 

Source : Japantimes || Image : Stephane Bidouze / bluehand / Shutterstock.com

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