Pour les japonais, l’événement le plus important de l’année est la fête du Nouvel An.

 

Mettant l’accent sur ​​la famille et la tradition, de nombreux japonais prennent des vacances lors des trois premiers jours de l’année pour aller dans leurs villes natales et prendre part aux festivités existant depuis des siècles, et qui sont pleines d’éléments culturels et de significations.

Analysons quelques unes des traditions populaires japonaises du Nouvel An pour en comprendre le symbolisme spirituel et les superstitions qu’elles entraînent.

 

1. La différence entre Ganjitsu et Gantan : pourquoi y a-t-il deux façons d’écrire Jour de l’An en japonais ?

 

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元日(Ganjitsu) et 元旦(Gantan) signifient tous les deux « jour du Nouvel An » en japonais. Généralement utilisés sur les cartes du Nouvel An à l’occasion du premier jour de la nouvelle année civile, il y a en fait une légère variation de sens en raison de la différence de kanji dans chaque expression.

Le 日 dans 元日 signifie jour en japonais, se référant au « premier jour », tandis que le 旦 dans 元旦 se réfère au lever du soleil (vous pouvez voir le soleil posé sur l’horizon ?), mettant l’accent sur la notion de « premier lever de soleil », qui est très importante étant donné que de nombreux japonais regardent le lever du soleil avec des amis et la famille à l’aube du 1er janvier.

 

2. Que sont ces décorations de bambous et de pins au niveau des portes ?

 

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Le début de l’année est un moment spirituel pour les japonais, puisqu’on dit que les dieux du Nouvel An descendent du ciel pour venir dans le royaume terrestre.

Afin de guider les dieux vers eux, de nombreux foyers, entreprises et sites sacrés mettent en place des décorations de pin et de bambou, connus sous le nom de kadomatsu, de chaque côté de l’entrée.

Les décorations de pousses de bambou sur plusieurs niveaux, représentant le ciel, la terre et l’humanité, sont censées attirer les dieux et les esprits de la chance. Les dieux se réfugient dans les décorations en pins jusqu’au 7 janvier, après quoi elles sont brûlées dans un temple, libérant ainsi les esprits pour qu’ils retournent à leur royaume.

 

3. Pourquoi y a-t-il toujours une mandarine sur le dessus des gâteaux de riz du Nouvel An ?

 

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Le gâteau du Nouvel An japonais, fabriqué à partir de deux couches rondes de riz pilé, est généralement couronnée d’une mandarine japonaise orange vif appelée mikan. C’est en fait quelque chose de moderne, puisque traditionnellement, ces gâteaux étaient ornés d’un agrume connu sous le nom de daidai.

Les daidai sont considérés comme étant de bon augure, puisque le sens de ce mot peut être traduit par « génération après génération », ce qui représente la volonté de la famille d’avoir une lignée longue et prospère. Cependant, comme le fruit daidai est grand et amère, la mikan plus petite et au goût agréable est plus utilisée, tout en conservant la notion de la santé et de la longévité du daidai.

 

4. Pourquoi est-il appelé kagami-mochi ou « gâteau de riz miroir » ?

 

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Le gâteau de riz du Nouvel An est un autre élément festif qui contiendrait l’esprit des dieux. Sa forme ronde est un hommage à l’un des objets les plus sacrés de tout le Japon, le miroir de la déesse du soleil Amaterasu.

Selon la mythologie japonaise, la terre s’obscurcit quand Amaterasu se retira du monde et se cacha dans une grotte. La déesse du soleil est finalement sortie de la grotte avec un miroir, pour apporter la lumière dans le monde. Avec sa forme ronde comme un miroir, le Kagami mochi symbolise le renouveau de la lumière et de l’énergie présentes au début de la nouvelle année.

 

5. Pourquoi les baguettes festives sont plus fines sur leurs extrémités ?

 

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Les baguettes de fête, appelées iwaibashi, sont fabriquées à partir de bois de saule, considéré comme sacré depuis les temps anciens.

L’épaisseur du milieu est censée représenter un sac de paille entier, ce qui suggère une récolte exceptionnelle du riz, tandis que les extrémités plus fines indiquent que les baguettes peuvent être utilisées des deux côtés pour manger.

Cependant, lors de l’utilisation des baguettes, une seule extrémité doit être utilisée pour la consommation puisque l’autre est réservée pour les dieux présents à la fête.

 

6. Quelle est la signification du saké épicé spécial ?

 

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Traditionnellement servi le jour de l’An, ce saké spécial éloignerait la malchance de l’an passé et procurerait santé et longévité lors de la nouvelle année.

Connu sous le nom d’O-toso, avec les kanjis 屠 (défaite) et 苏 (mauvais esprit), les plantes médicinales utilisées dans ce mélange faciliteraient la digestion et protégerait des rhumes, idéal pour les fêtes d’hiver de la nouvelle année.

Le saké est servi dans un pot laqué et versé dans trois gobelets peu profonds de tailles différentes, représentant les différents membres de la famille qui devront le boire, du plus petit gobelet au plus grand. Les clients qui viennent pour la nouvelle année se voient aussi proposer un saké particulier qui exaucerait leur souhait de bonne santé pour la nouvelle année.

 

7. Quelle est la signification qui se cache derrière les plats traditionnels du Nouvel An ?

 

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L’Osechi-ryori, la nourriture traditionnelle du Nouvel An au Japon, a une longue tradition qui remonte à l’époque de Heian (794-1185). A l’origine, c’était un tabou de cuisiner des repas pour une famille lors des trois premiers jours de la nouvelle année.

Les boîtes empilables sont donc remplies de nourriture se gardant assez longtemps, préparée avant le 31 Décembre, pour sa consommation au cours des trois premiers jours de la nouvelle année.

Bien qu’il n’y ait plus de problèmes liés à la cuisine pendant la période des vacances de nos jours, de nombreuses familles cuisinent toujours l’osechi-ryori, en grande partie à cause des associations de bon augure qui sont attachées à ses ingrédients :

Crevettes (ebi) = les longues moustaches et le dos courbé symbolisent un souhait de longue vie.
Les œufs de hareng (Kazu no ko) = une grappe d’œufs de hareng représente le souhait que les enfants soient en bonne santé.

Soja noir (kuro mame) = mame, qui signifie également « santé », est pour le souhait de bonne santé pour la nouvelle année.

Daurade (tai) = tai fait partie du mot medetai  qui signifie bon augure en japonais.

Varech (konbu) = konbu ressemble beaucoup à yorokobu, qui signifie bonheur en japonais.

La racine de lotus (renkon) = la racine de lotus a beaucoup de trous qui permettent d’y voir à travers, et donc à travers de la nouvelle année.

Que vous soyez au Japon à l’heure actuelle ou envisagez d’y aller dans le futur, la nouvelle année est le moment idéal pour prendre part à des événements uniques et pour en apprendre davantage sur les aspects les plus subtils de la culture japonaise. Où que vous soyez, nous vous souhaitons une bonne année et tout le meilleur pour 2016 !

 

Discussions

3 Réponses

  1. Nouvel An au Japon : Shōgatsu et Shinnenkai - Jud à Hiroshima

    […] Après le hatsumōde (初詣 première visite au temple) précédé pour certains du hatsuhinode (初日の出 observation du 1er lever de soleil de l’année) démarrent les 3 jours (de plus en plus écourtés à notre époque) de Shōgatsu (正月 fêtes en famille de début d’année). Je ne vais pas me lancer dans de longues explications ici mais plutôt vous raconter mon expérience pour l’année 2016. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous renvoie sur cet article assez complet. […]

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