Le gouvernement du Japon a approuvé mardi un projet de réforme qui doit conduire à la libéralisation du secteur de l’électricité, un moyen de réduire les monopoles régionaux et d’attirer de nouveaux entrants, au profit du consommateur et des énergies renouvelables.

 

«Ces changements ne toucheront pas seulement l’amont (approvisionnement, production) mais aussi l’aval (distribution, vente). De ce fait, le choix du client sera plus large et les tarifs devraient baisser», a commenté le ministre de l’Industrie, Toshimitsu Motegi, à la sortie du conseil des ministres.

Le chef du gouvernement libéral-démocrate (droite), Shinzo Abe, souhaite que le projet d’amendement de la loi régissant le secteur de l’électricité soit soumis au parlement durant la session en cours.

Il faudra environ cinq ans à compter de 2015 pour que tous les changements voulus se réalisent.

A partir de 2016, les monopoles régionaux tomberont et les entreprises autorisées pourront librement revendre de l’électricité au client final où qu’il soit, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Cette importante réforme va permettre aux particuliers et entreprises de choisir leur fournisseur de courant et aussi préparer le terrain pour la séparation de la production (centrales thermiques et atomiques, parcs solaires, fermes éoliennes) et la distribution (réseau électrique). Ce deuxième changement majeur devrait intervenir aux environs de 2018-2020.

Actuellement, il existe au Japon une dizaine de grandes compagnies qui produisent, distribuent et vendent du courant en jouissant chacune d’une exclusivité sur leur région.

Ceci est considéré comme l’une des causes de la cherté de l’électricité dans l’archipel, d’autant que les compagnies, actuellement privées de réacteurs nucléaires, ont des frais colossaux d’importation d’hydrocarbures pour les centrales thermiques.

Par ailleurs, une nouvelle autorité de contrôle sera créée pour chapeauter le secteur, en lieu et place du ministère de l’Industrie (Meti).

La libéralisation est censée permettre à des acteurs plus petits de produire de l’électricité vendue à des distributeurs en gros puis à des détaillants, et favoriser une augmentation de la part du courant issu d’énergies renouvelables ainsi qu’une baisse des tarifs.

Les licences seraient attribuées par activité (production, distribution, vente) selon un processus concurrentiel.

Les actuelles compagnies sont opposées à un tel dispositif qui, en divisant les tâches et multipliant les intervenants, risque selon elles de dégrader la qualité de service dans un pays où les coupures de courant, hormis celles dues aux catastrophes naturelles, sont extrêmement rares.

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