Le petit Kirobo japonais doit être envoyé dimanche vers la station spatiale internationale pour un peu plus d’un an.

 

«C’est un petit pas pour moi, mais un pas de géant pour la robotique.» Le petit Kirobo, contraction de kibo – espoir en japonais – et robot, ne cache pas son enthousiasme de s’envoler dimanche vers la station spatiale internationale à bord du cargo de ravitaillement H-2 Transfer Vehicle-4.

Si tout se passe bien, ce petit humanoïde de 34 cm conçu par un consortium nippon piloté par Toyota devrait devenir le premier robot de l’Histoire à parler avec un être humain dans l’espace. Les précédents cinématographiques ne sont pas forcément très encourageants.

Que ce soit le majordome (trop) bavard C-3PO de Star Wars ou la psychopathe intelligence artificielle HAL 9000 de 2001, l’odyssée de l’espace, donner la parole à une machine dans l’espace ne s’est jamais révélé très judicieux.

Tout laisse néanmoins penser que l’expérience, qui se prolongera jusque fin 2014, sera un peu plus réussie cette fois-ci. Kirobo a un physique assez craquant: une sorte de réplique d’Astro Boy, le célèbre héros du manga éponyme de Tezuka.

Ses concepteurs l’ont de plus équipé d’une voix enfantine «sympathique et gentille» assez réussie. Une petite diode s’allume au niveau de la bouche lorsqu’il s’exprime. Comme sa sœur jumelle Mirata, qui restera au sol, le petit robot est enfin censé «voir» ses interlocuteurs à l’aide de ses yeux-caméras et décrypter leurs émotions via les stimuli visuels et auditifs qu’il enregistre.

 

Kirobo ne parle que japonais

 

Fuminori Kataoka, responsable du projet, a présenté sa création à la presse en juin dernier. Le robot répond avec politesse lorsqu’on le salue et semble comprendre rapidement les questions posées.

Cela prouve au moins que le module de reconnaissance vocale développé par Toyota fonctionne à peu près. Kirobo bouge les bras et la tête lorsqu’il parle, ce qui lui confère un côté humain presque déconcertant.

«Ces démonstrations où tout est prévu à l’avance sont assez trompeuses», prévient cependant Laurence Devillers, professeur d’informatique à la Sorbonne spécialisée dans le traitement de la parole et chercheuse au LIMSI/CNRS.

«Nous sommes plus avancés dans la génération de la voix que dans sa compréhension et le décryptage des émotions qui l’accompagnent. Même si des progrès ont été faits, les robots ne savent reconnaître que deux-trois sentiments très basiques, du type «très en colère» ou «très joyeux», et ne maîtrisent pour l’instant que le lexique et les concepts qu’on leur a inculqués. Il ne sera certainement pas possible d’avoir une vraie conversation avec ce Kirobo.»

Comme il ne parle que japonais, le petit bipède parfaitement à l’aise en apesanteur n’aura personne avec qui discuter avant novembre ou décembre prochain, date à laquelle le prochain astronaute nippon, Koichi Wataka, prendra ses quartiers à bord de l’ISS pour six mois.

Ce laps de temps doit permettre de voir à quel point Kirobo peut échanger avec son interlocuteur et si ce dernier parvient, avec le temps, à s’attacher à la petite machine. Une question importante puisque ce type de robot est très sérieusement envisagé pour tenir compagnie aux personnes dépendantes ou aider les jeunes autistes à communiquer.

 

 

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Source: Figaro

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