Professeur à l’université de Kyoto, au Japon, Shigeatsu Hatakeyama était la semaine dernière à Cancale (35). Il a donné aux ostréiculteurs bretons une recette surprenante pour lutter contre la mortalité des huîtres: planter des arbres!

Âgé de 70 ans, Shigeatsu Hatakeyama a consacré sa vie à l’ostréiculture et à étudier, avec d’autres scientifiques japonais et américains, les interactions entre la terre et la mer. Notamment quand, en 1980, le Japon a connu une baisse importante de sa production d’huîtres. À la suite de ses recherches, ce professeur au centre de pédagogie et de recherche en sciences du terrain à l’université de Kyoto a entrepris, en 1989, avec d’autres pêcheurs, de reboiser les forêts, initiative qui lui a valu une reconnaissance officielle de l’ONU. Ses travaux ont, en effet, abouti au résultat suivant: le fer et l’acide fulvique que contient l’humus permettent à la chlorophylle de se fixer sur le phytoplancton et d’oeuvrer à la photosynthèse. Les remous des rivières et le brassage de la mer activent ensuite ce processus. Et les coquillages ont alors de quoi se nourrir. Depuis 2004, Shigeatsu Hatakeyama présente inlassablement les résultats de ses études à travers le monde. «Depuis le big-bang, le fer est présent sur terre. Mais pour l’acide fulvique, il faut de l’humus en amont, donc des arbres», a-t-il expliqué à ses amis français.

 

Priorité à l’environnement de la mer

Or, l’activité humaine interfère entre la forêt et la mer: barrage, eaux usées, rejets d’usines, agriculture et déforestation, contribuent à la mortalité des huîtres. Pour le professeur et ostréiculteur, «le plus important pour l’aquaculture, c’est de faire attention à l’environnement de la mer». Mais ce n’est pas que pour présenter ses travaux que ShigeatsuHatakeyama se trouvait, mercredi dernier, à Cancale. Des relations étroites se sont nouées entre sa ville, Kesennuma, au nord-est du Japon, et les ostréiculteurs bretons. Au lycée maritime de Saint-Malo (35) et dans la région, tous ont été solidaires pour la reconstruction du lycée maritime Koyo, balayé par le tsunami du 11mars 2011, au Japon. Le professeur a ainsi pu exprimer sa gratitude aux habitants du pays malouin.

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