Taro Aso a invité les personnes en fin de vie à mourir rapidement, pour réduire les dépenses de santé…

 

Un  mois à peine a passé depuis l’intronisation d’un nouveau gouvernement au Japon et c’est déjà le premier couac. Taro Aso, vice-Premier ministre chargé des Finances et lui-même ancien Premier ministre, a été obligé de s’excuser après avoir invité les personnes en fin de vie à mourir, et vite, rapporte le Sydney Morning Herald ce mercredi.

Prônant clairement l’euthanasie, Taro Aso avait déclaré lundi devant le Conseil national sur la réforme de la sécurité sociale que les patients en fin de vie n’étaient que des «personnes avec des tubes» qu’il fallait autoriser à «mourir rapidement» si elles le désiraient, indique le quotidien australien. «Vous ne pouvez pas dormir tranquillement quand vous pensez que tout cela (le maintien en vie des patients, ndlr) est payé par le gouvernement. Cela ne sera jamais résolu à moins qu’on ne laisse ces patients se dépêcher de mourir», a déploré le ministre, qui cherche des solutions pour réduire les dépenses de santé.

 

Collectionneur de bourdes

 

Devant l’affront fait aux millions d’électeurs japonais âgés – un quart des 120 millions d’habitants a plus de 60 ans -, Taro Aso s’est rétracté le lendemain, publiant un communiqué dans lequel il admet avoir tenu des propos «inappropriés» même s’ils ne font que refléter son opinion personnelle, selon le Sydney Morning Herald. Agé de 72 ans, il avait en effet indiqué au préalable avoir écrit une lettre à ses proches dans laquelle il refuse à l’avenir tout traitement pour le maintenir en vie, selon le Guardian.

Mais l’ancien Premier ministre n’en est pas à sa première bourde. Lorsqu’il dirigeait le gouvernement japonais, en 2008, Taro Aso se plaignait déjà des personnes âgées, rappelle le quotidien britannique. «Pourquoi devrais-je payer pour des gens qui ne font que manger, boire et ne font aucun effort? Je marche tous les jours et fais plein d’autres choses, mais je paye plus d’impôts», avait-il lancé.

 

Shinzo Abe sur la brèche?

 

Coutumier des sorties hasardeuses, il s’était ensuite attiré les foudres successivement des jeunes – qui ne devraient pas se marier s’ils sont pauvres -, des religions monothéistes – qui devraient s’inspirer de l’éthique de travail japonaise -, des médecins – qui manquent de sens commun -, et des parents japonais – plus indisciplinés que leurs enfants -, ajoute le Sydney Morning Herald.

Ces propos pourraient également causer du mouron au Premier ministre actuel, le revenant Shinzo Abe, qui a déjà perdu son poste en 2007 en raison notamment de différentes gaffes de ses ministres, souligne le Guardian.

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