Au Japon, plus de 260 000 personnes âgées sont maintenues en vie grâce à des sondes d’alimentation directement insérées dans l’estomac, une pratique qui n’est pas courante dans le monde occidental.

 

Le coût des soins pour un patient ayant une sonde d’alimentation est d’environ 5 millions de yens (environ 35 000€) par an selon Kozo Ishitobi, un chirurgien vasculaire qui est devenu médecin en maison de soins et qui est aussi l’auteur du livre « Recommander une mort paisible ».

Cela signifie que le Japon dépense environ 1,3 milliards de yens par an pour nourrir artificiellement des patients, ce qui représente plus de 3 % du total des dépenses de la nation en matière de santé.

« C’est un gaspillage d’argent et de ressources », a déclaré Ishitobi. « Les médecins doivent atteindre un meilleur équilibre entre l’allongement de la durée de vie et la qualité de la vie et de la mort – et rejeter les souhaits d’une famille s’ils prennent une mauvaise décision. Les gens ont besoin de réfléchir davantage à la façon dont ils veulent que leur vie prenne fin ».

Même si le Japon a la plus longue espérance de vie au monde, à 83 ans, les taux de qualité de la mort sont mauvais. Le pays est classé 23ème sur 40 pays dans une étude réalisée en 2010 par l’Economist Intelligence Unit qui évaluait le coût et la qualité des soins en fin de vie et la façon dont les sociétés faisaient face à la mort et de ce qu’elle entraîne.

La privation de nourriture et de liquides n’est pas douloureuse pour les patients qui sont en train de mourir selon l’Hospice Foundation d’Amérique, une organisation à but non lucratif de Washington qui informe les professionnels de la santé publique sur​ les soins palliatifs.

Selon eux, la privation de nourriture provoque des changements dans le métabolisme du patient qui se traduisent par des niveaux plus élevés de cétones – substance chimique produite lorsque les graisses et les acides gras sont convertis en énergie – conduisant ainsi à un sentiment d’euphorie légère.

Selon l’association des hôpitaux japonais, sur les 260 000 patients au Japon qui sont nourris par une sonde, plus de 90 % sont cloués au lit. Ils ont en moyenne 81 ans et sont nourris par une sonde pendant 2 à 3 ans.

 

 

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