Satoshi Murakami s’est amusé à tester d’une façon insolite l’hospitalité de nombreux inconnus lors de son récent pèlerinage à travers le Japon. Lorsqu’il se présentait à la tombée de la nuit devant la porte d’une maison, au lieu de demander une chambre, il demandait un emplacement sur leurs terres afin de poser sa propre maison, qu’il porte sur le dos.

 

« Je pense que ce que je fais dérange les gens et leur fait prendre conscience de la façon dont ils sont attachés à leurs propriétés », dit Murakami, « Tout le monde pense que sa propriété est permanente et inviolable. J’essaye de bousculer les choses en leur faisant remarquer qu’ils ne peuvent s’isoler complètement du monde ».

Cet artiste de 26 ans basé à Tokyo indique qu’il a été choqué par le Grand tremblement de terre de mars 2011. Comme beaucoup de personnes habitants Tokyo il a regardé la catastrophe se dérouler à la télévision et a vu des villes entières se faire emporter.

Il a alors décidé de réduire ses biens au strict minimum et d’être toujours prêt à se déplacer. Il a construit une maison portable avec de la mousse et du ruban adhésif et est parti en voyage à travers le Japon en avril 2014 afin de tester ce mode de vie.

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Depuis son départ, il a posé sa maison à côté de fermes isolées, dans des ruelles, parfois dans des parcs et souvent sous les combles de temples et de sanctuaires. Les prêtres bouddhistes lui ont souvent dit qu’ils pouvaient comprendre son voyage.

Afin de partager cette expérience, Murakami est revenu à Tokyo afin d’exposer les photos de sa maison dans divers endroits du pays.

L’exposition, intitulée « Iju wo suru seikatsu 1-128 » (Se déplacer comme mode de vie) a eu lieu le mois dernier à la Galerie Barco dans le quartier Kameari situé dans l’arrondissement de Katsushika.

Les 128 premiers lieux à avoir accueilli sa maison ont été exposés ainsi que des croquis des maisons des personnes ayant accepté – parfois à contrecœur – de le laisser poser sa maison sur leurs terres le temps d’une nuit.

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Voyageant à pied, Murakami parcourait environ 20 kilomètres par jour avant de frapper aux portes, en sueur et plein de poussière, afin de demander un emplacement pour sa maison. Les réactions étaient variées, et toutes les régions du Japon n’étaient pas aussi accueillantes.

« Dans la région de Kyoto, par exemple, beaucoup de gens me trouvait suspect, » dit-il. « Lorsque je posais ma maison à côté d’un bain public ou d’un konbini par exemple, cela posait un souci. Les propriétaires sortaient pour s’assurer que je ne reste pas sur place et que je continue mon chemin. »

Dans certaines régions de Tohoku dévastées par le tsunami, il a cependant trouvé les choses beaucoup plus simples.

« Certaines zones ont été complètement rasées de sorte qu’il était difficile pour les propriétaires de savoir où leur propriété finit et où commence celle de leurs voisins ». Les gens me disaient juste « Allez-y. ». « De nombreux propriétaires ont bougé, et il y a beaucoup de gens venus des quatre coins du Japon travaillant pour la reconstruction. Donc, quelqu’un comme moi ne se distingue pas tellement », explique-t-il.

La maison qu’il a construite pèse environ 8 kg et est à peu près de la taille d’un bureau. Pourtant Murakami l’a délibérément construit de sorte à qu’elle ne puisse pas être démonté ou replié. Ce serait faire quelque chose se rapprochant d’une tente, dit-il, et les réactions seraient différentes.

« Les réactions seraient systématisées. Si je m’étais présenté avec une voiture, par exemple, ils m’auraient indiqué un parking. De la même façon, si je m’étais présenté avec une tente, on m’aurait indiqué un terrain de camping. Cela fait partie de la logique de tout le monde. Mais si les gens vous voient venir avec une maison, ils ont du mal à l’intégrer dans leur monde ».

Pour plus d’informations, accédez au site officiel de la Galerie Barco sur http://g-barco.sblo.jp/article/114956331.html

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Sources: asahi, gallerybarco

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