Finies les explosions et la poussière pour détruire un gratte-ciel, désormais, ils sont démontés étage après étage…

 

Au Japon, désormais, destruction de gratte-ciel ne rime plus avec explosions et poussière.

Les passants d’Akasaka au centre de Tokyo s’en rendent à peine compte, mais le Grand Prince Hotel, qui dominait ce quartier cossu, a perdu en quelques semaines la moitié de sa hauteur.

Fermé, il rapetisse étage après étage grâce à une technique impressionnante de démolition.

«Avec les moyens utilisés, le bâtiment rétrécit et va disparaître sans se faire remarquer», explique Hideki Ichihara, un responsable de l’entreprise nippone de construction Taisei.

Le Grand Prince Hotel Akasaka, qui se dressait à l’origine jusqu’à 140 mètres de hauteur (40 étages), perd deux étages, soit 6,4 mètres, tous les dix jours grâce à un dispositif de déconstruction étudié pour éviter les nuisances.

C’est le bâtiment le plus élevé jamais démoli au Japon.

 

Méthode propre

 

Puisqu’il est exclu de dynamiter les gratte-ciel trop âgés au milieu de la mégapole tokyoïte, même si cela irait plus vite, Taisei a conçu une méthode propre, employée ici pour la deuxième fois, et baptisée «Système de reproduction écologique (Tecorep)».

Avant la démolition, les éléments non structurels du bâtiment sont dégagés, explique le New Scientist.

Puis, les ouvriers détruisent poutres et planchers en béton. Ils sont évacués par un système de grue générant de l’électricité. Puis le bâtiment est détruit en partant des étages supérieurs, alors que le reste de la structure reste debout grâce à un système de vérins hydrauliques qui traversent les derniers étages et reposent sur le sol d’un autre étage plus bas.

Pour limiter l’émission de poussières et particules, la zone en cours de destruction est enchâssée dans une sorte de capuchon géant au-dessus des derniers étages avec une structure extérieure qui l’enserre.

 

Réduction de 85% des émissions de CO2

 

Les étages situés dans cet espace cloisonné peuvent ainsi être démolis un par un.

La structure est descendue d’un étage à l’autre au fur et à mesure, et les travaux s’effectuent en permanence dans ce milieu fermé.

Une méthode propre, plus silencieuse, et surtout plus respectueuse de l’environnement: non seulement les matériaux de construction démantelés sont recyclés, mais Tecorep réduit en plus de 90% les émissions de poussière, de 85% les émissions de dioxyde de carbone lors d’une démolition et le bruit de 20 décibels.

L’hôtel construit il y a 30 ans, surnommé «Aka-Puri», était un symbole de la période de la bulle financière et immobilière, un lieu emblématique de la vie fastueuse et des frasques des Tokyoïtes à la fin des années 1980.

On rêvait de s’y marier et d’y passer des nuits romantiques. «L’Aka-Puri était aimé par tant de gens, il est bien qu’il disparaisse de façon propre», a commenté un porte-parole de la société Seibu, propriétaire des lieux qui prévoit d’y construire un nouvel hôtel et complexe d’affaires.

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