Malgré ses difficultés économiques, le Japon annoncé la création lundi d’un géant mondial de la sidérurgie avec le mariage de Nippon Steel et Sumitomo Metal Industries (SMI), nouveau n°2 du secteur.

Avec le mariage de Nippon Steel et Sumitomo Metal Industries (SMI), le nouveau groupe, Nippon Steel & Sumitomo Metal Corporation (NSSMC), ne sera dépassé en volume que par ArcelorMittal, basé au Luxembourg. Si on ajoute la production des deux sociétés, on arrive à 46,1 millions de tonnes d’acier en 2011, très loin derrière les 97,2 millions du groupe contrôlé par le milliardaire indien Lakshmi Mittal. Mais NSSMC dépassera en revanche le chinois Baosteel et le sud-coréen Posco, dont l’expansion asiatique ces dernières années est surveillée de près par les groupes japonais. Et le nouveau géant vise 60 à 70 millions de tonnes d’acier par an. Il s’agit de la plus importante opération de consolidation du secteur au Japon depuis dix ans et la fondation du numéro deux nippon, JFE.

Mais c’est clairement un mariage de raison, car avant de publier les bans lundi, les deux groupes ont chacun prévu de grosses pertes nettes pour le premier semestre achevé le 30 septembre: 155 milliards de yens (1,55 milliard d’euros) pour Nippon Steel et 8 milliards de yens (80 millions d’euros) pour SMI. En se mariant, Nippon Steel (n°1 japonais et sixième mondial) et SMI (n°3 japonais, 27e mondial) veulent garder leur rang face à une compétition planétaire aiguisée par le boom de la construction dans les pays émergents. Avec cette union, ils espèrent surmonter la mauvaise passe mondiale et le handicap du yen fort qui fait fondre leurs marges à l’étranger.

Principal rapprochement au Japon depuis dix ans

Le nouveau géant devrait être compétitif pour les aciers de haute qualité mais pourrait en revanche peiner face à ses concurrents chinois et sud-coréens aux moindres coûts de production pour les produits de moyenne gamme, a expliqué un haut responsable de Nippon Steel cité par le quotidien économique japonais Nikkei. SMI est l’un des meilleurs spécialistes des tubes sans soudure, particulièrement prisés dans l’industrie pétrolière. Grâce à sa taille, NSSMC pourra mieux négocier les prix des matières premières, comme le minerai de fer et le charbon à coke, avec les trois géants miniers mondiaux, les anglo-australiens Rio Tinto et BHP Billiton et le brésilien Vale. Cette union pourrait aussi permettre financièrement au nouveau groupe d’acheter directement des producteurs de matières premières, comme l’ont déjà fait ArcelorMittal, Posco et les sidérurgistes chinois.

Le nouveau groupe prévoit de s’étendre sur les marchés émergents brésilien et indien, où Nippon Steel envisageait depuis longtemps d’acheter des aciéries. NSSMC devrait aussi chercher à développer sa production en Chine et dans les pays d’Asie du Sud-Est. Ce faisant, il ne fera que suivre la voie de ses compatriotes de l’automobile et de l’électronique, qui se sont développés depuis longtemps hors de l’archipel pour aller chercher la croissance là où elle est. «Plus grande, la nouvelle entreprise pourra réduire ses coûts et obtenir des liquidités suffisantes pour survivre en cette période difficile», juge Keiju Kurosaka, de la maison de courtage Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities. Pour s’en sortir, le groupe devra néanmoins «investir activement sur les marchés étrangers où la croissance devrait se trouver à long terme», ajoute-t-il.

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