La ville de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a inauguré cette semaine une construction peu commune: une cathédrale… en carton.

 

Érigé en pleine zone sismique, prévu pour durer 50 ans, le bâtiment vient temporairement remplacer une cathédrale qui avait été endommagée lors d’un séisme qui avait fait 185 morts en 2011. Explications.

 

Construire avec du carton

 

Peu dispendieux. Rapide à ériger. Recyclable. Le carton ne sert pas qu’à faire des boites et des bricolages d’enfants. On peut aussi l’utiliser pour construire de vrais bâtiments. Et il comporte plusieurs avantages.

L’architecte Shigeru Ban, qui a dessiné la nouvelle cathédrale de Christchurch, assemble le carton en immenses tubes qu’il utilise comme des poutres. Le matériau est traité contre l’eau et le feu.

Avi Friedman, professeur d’architecture à l’Université McGill, est un admirateur de son travail. Il s’est rendu à L’Aquila, en Italie, pour assister à un concert dans une salle en carton construite par M. Ban.

«C’est impressionnant, commente-t-il. Le papier a des performances acoustiques très intéressantes et procure des avantages environnementaux.»

Le hic, c’est la durabilité. Même traité, le carton reste vulnérable à l’humidité. Déjà, des parties de la cathédrale de Christchurch ont dû être remplacées, et le bâtiment se veut temporaire avant qu’une cathédrale permanente soit rebâtie.

«Je trouve quand même dommage de construire quelque chose qui ne peut durer plus longtemps», commente le professeur Avi Friedman.

 

Une résistance aux séismes

 

Au moment où un séisme de magnitude 6,5 a secoué la Nouvelle-Zélande encore vendredi, on peut s’interroger sur l’idée de construire avec du carton en pleine zone sismique. Avi Friedman, de l’Université McGill, écarte toute crainte.

«Si vous devez construire en zone de tremblement de terre, utiliser des matériaux légers comme le bois ou le carton est la meilleure chose à faire», dit-il.

Contrairement au béton, le bois et le carton bougent avec la terre lorsqu’elle tremble, et cette flexibilité les rend sécuritaires, explique l’architecte.

Dans le cas de la cathédrale de Christchurch, l’architecte Shigeru Ban a dû modifier ses plans initiaux.

L’usine locale ne pouvait lui fournir de carton assez solide, et plutôt que d’en importer, il a choisi d’ajouter du bois dans les tubes de carton afin de respecter sa tradition de construire uniquement avec des matériaux locaux.

 

Un architecte engagé

 

Shigeru Ban, qui signe les plans de l’église de Christchurch, est un architecte japonais hors-norme parmi les plus respectés du monde.

L’homme est derrière des réalisations comme le nouveau Centre Pompidou, à Paris, ou la Bibliothèque nationale d’Israël, à Jérusalem. Ce sont toutefois ses constructions en carton qui l’ont rendu célèbre.

Des camps de réfugiés du Rwanda au tremblement de terre en Haïti en passant par le tsunami du Japon, plusieurs d’entre elles ont été érigées pour venir en aide rapidement et de façon économique aux populations vulnérables.

« J’étais déçu des architectes. Nous travaillons pour les gens privilégiés, pas pour la société », avait-il dit lors d’une conférence donnée dans le cadre des TED Talks pour expliquer son travail.

 

La cathédrale en chiffres

 

– 700 places assises

– 96 tubes de carton de 500 kilos chacun

– 21 mètres de hauteur

 

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Source: La presse.ca

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