La Birmanie s’est trouvé un avocat de choix pour plaider la fin de son bannissement de la communauté internationale. Appâté par les gigantesques ressources naturelles de la nation d’Asie du Sud-Est et par la virginité d’un marché de 60 millions de consommateurs jusqu’ici coupés du monde, le Japon a annoncé, hier, à Tokyo, en marge des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale qu’il allait aider le pays à renouer dès l’an prochain avec les aides financières internationales.

Depuis le durcissement de la dictature militaire et l’arrêt des remboursements de ses dettes passées, la Birmanie ne pouvait plus bénéficier de l’aide des grandes institutions internationales et des prêts des pays développés. La Banque mondiale a ainsi stoppé ses prêts depuis 1987 et a longtemps exigé un remboursement de 400 millions de dollars que lui doit encore le pays avant de reprendre toute aide. Au total, la Birmanie, qui reste l’un des pays plus pauvres d’Asie du Sud-Est, devrait encore près de 7,7 milliards de dollars à ses grands créditeurs, dont font aussi partie le Japon, la Banque asiatique de développement (BAD) et le Club de Paris.

 

Soutenir les efforts de réforme

Pour aider le gouvernement birman à accéder aux aides internationales, indispensables au financement des grands travaux d’infrastructure et à l’enclenchement de la croissance, Tokyo a annoncé, hier, qu’il allait débloquer en janvier 2013 des prêts relais afin d’aider le pays à payer ses arriérés de 900 millions de dollars à la Banque mondiale et la BAD. Ce règlement, qui fait suite à l’effacement un peu plus tôt dans l’année d’une partie de la dette contractée par la Birmanie auprès du Japon dans les années 1990, devrait permettre d’enclencher l’an prochain l’afflux d’investissements étrangers. «  Il est temps que la communauté internationale s’unisse pour soutenir les efforts de réforme de la Birmanie », a martelé Koriki Jojima, le ministre nippon des Finances avant de saluer la récente démocratisation du régime de Naypyidaw, nom de la nouvelle capitale, et le progressif abandon du pouvoir par les militaires.

Tokyo a d’ailleurs indiqué qu’il serait l’un des premiers pays à valider, l’an prochain, le versement de nouvelles aides qui devraient notamment servir à financer des grands travaux, en grande partie menés par des entreprises nippones. Cherchant désespérément de nouveaux marchés, les groupes japonais ont multiplié depuis les premiers signes d’ouverture politique, les missions commerciales à Rangoun, la capitale économique de la Birmanie. Le géant du textile, Uniqlo, a déjà laissé entendre qu’il envisageait l’établissement d’une usine dans le pays quand Suzuki étudie la mise en place, d’ici à 2015, d’une petite chaîne d’assemblage automobile dans le parc industriel de Thilawa, où les salaires restent parmi les plus bas d’Asie.

 

 

 

Source: Les Echos

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