Le ministre japonais des Finances a menacé vendredi d’intervenir sur le marché des changes pour abaisser la valeur du yen, qui est nettement monté ces derniers jours face au dollar.

Jeudi à New York, le dollar a chuté à son plus bas niveau en sept mois face à la monnaie japonaise, à 77,13 yens, après la décision de la banque centrale américaine d’assouplir encore sa politique monétaire pour relancer la première puissance économique mondiale.

Vendredi vers 06H30 GMT, le dollar était un peu remonté, à 77,57 yens.

« Je n’exclus aucun mesure et agirai de façon décisive si nécessaire », a déclaré Jun Azumi lors d’une conférence de presse.

Les ministres nippons des Finances utilisent habituellement cette formule pour signifier qu’ils sont sur le point de donner l’ordre à leurs services d’intervenir directement sur le marché.

En l’occurrence, M. Azumi a laissé entendre qu’il pourrait ordonner la vente massive de yens contre des dollars par les autorités japonaises afin d’abaisser la valeur de la devise nippone sur le marché.

S’il a salué les efforts de la Fed pour stimuler l’économie américaine, « ce qui est bon pour l’économie mondiale », il a souligné que le renchérissement du yen était déphasé avec la situation économique difficile du Japon.

Considéré comme une valeur refuge par les investisseurs par temps économique difficile, le yen flirte depuis des mois à des niveaux de vigueur quasi historiques face au dollar ainsi que face à l’euro.

Les mesures récemment annoncées en Europe ont permis à l’euro de se reprendre ces derniers jours et de redépasser le seuil symbolique des 100 yens.

Mais le dollar s’est au contraire effrité ce qui sabote la compétitivité des produits « made in Japan » à l’étranger et réduit la valeur des revenus des groupes nippons à l’étranger, une fois convertis en yens.

M. Azumi a appelé la Banque du Japon, indépendante, à prendre la mesure de ces difficultés, à quelques jours d’une réunion de son comité de politique monétaire mardi et mercredi.

La force persistante du yen constitue l’une des entraves majeures à la reprise de la troisième puissance économique mondiale, dont la croissance reste fragile dix-huit mois après le séisme, le tsunami et l’accident nucléaire de Fukushima de mars 2011.

Depuis septembre 2010, les autorités nippones sont intervenues quatre fois sur le marché des changes. Ces actions n’ont eu toutefois qu’un effet limité et temporaire.

 

Source: lepoint

Discussions

Laisser un commentaire