Le gérant de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima connaît de grosses difficultés financières.

 

La compagnie d’électricité gérant la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, Tokyo Electric Power (Tepco), a annoncé mardi avoir subi en 2012/13 un nouveau déficit net gigantesque en raison de nombreuses pertes exceptionnelles.

Entre le 1er avril 2012 et le 31 mars 2013, Tepco a enregistré un déficit net de 685 milliards de yens (6,5 milliards d’euros), à peine moindre que celui de 781 milliards enregistré lors de l’exercice précédent, alors que le groupe fait face à d’énormes dépenses pour stabiliser le site de Fukushima, indemniser les victimes et produire de l’électricité par d’autres moyens que nucléaire.

 

Importation d’hydrocarbures

 

La compagnie chargée de l’alimentation en électricité de la mégalopole de Tokyo et de ses environs a pourtant fait état d’une augmentation de 11,7% de son chiffre d’affaires, à 5976 milliards de yens, dopé entre autres par l’augmentation des tarifs d’électricité au Japon.

Son déficit d’exploitation s’est en conséquence réduit de 18,5%, à quelque 222 milliards de yens (2,1 milliards d’euros), mais est resté important du fait de l’importation massive d’hydrocarbures pour faire tourner à plein les centrales thermiques du groupe désormais privé d’énergie nucléaire.

Les 17 réacteurs que comptait Tepco avant la catastrophe de Fukushima (220 km au nord-est de Tokyo) sont en effet à l’arrêt: les six de la centrale accidentée Fukushima Daiichi (dont quatre sont en préparation de démantèlement), les quatre de l’autre centrale de la région, Fukushima Daini, et les sept de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (centre-nord du Japon).

 

Dépréciation du yen

 

Tepco a dû composer de surcroît avec une dépréciation du yen depuis le mois de novembre, ce qui a mécaniquement élevé ses importations de pétrole et gaz facturées en dollar.

Le déficit net s’est avéré bien plus important que le déficit d’exploitation du fait des diverses et imposantes pertes exceptionnelles enregistrées.

La compagnie a notamment dû provisionner d’importantes dépréciations d’actifs et des indemnités pour les personnes qui ont subi des dommages matériels et/ou moraux relatif au sinistre de Fukushima provoqué par le tsunami du 11 mars 2011 dans le nord-est de l’archipel.

Des aides publiques ou semi-publiques pour la soutenir dans ces tâches titanesques et des cessions immobilières n’ont fait que réduire l’ampleur finale de la perte nette.

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