Le maître japonais du kabuki Tamasaburo Bando, « Trésor national vivant » dans son pays depuis juillet 2012, a été élevé mardi au rang de Commandeur des Arts et des Lettres par la ministre de la culture, Aurélie Filippetti.

 

Tamasaburo Bando porte l’art de l’Onnagata, nom donné aux acteurs masculins qui interprètent uniquement des rôles de femmes, au plus haut niveau.

Il s’est produit en février à Paris, pour la première fois depuis 26 ans, pour dix représentations exceptionnelles, dont trois pour des solos de kabuki (art traditionnel de la danse et du chant japonais) et sept représentations du « Pavillon aux Pivoines », un opéra classique chinois du 16e siècle qu’il a adapté.

Aurélie Filippetti a rendu hommage à « l’un des plus grands artistes japonais », à qui il « suffit d’un battement de cil pour exprimer le sentiment amoureux ». « C’est un choc, on appréhende une toute autre culture », a-t-elle confié à l’AFP.

Tamasaburo Bando, silhouette gracile en costume noir, s’est ensuite avancé pour remercier la ministre: « je crois n’avoir jamais imaginé recevoir pareille distinction, lorsque je dansais devant mes parents et que je rêvais de danser le kabuki », a-t-il dit. « J’espère pouvoir revenir à Paris dans les prochaines années », a-t-il promis.

Le directeur du Théâtre du Châtelet, Jean-Luc Choplin, qui a su persuader Tamasaburo Bando de venir danser à Paris, a rempli la salle au-delà de ses espérances: « Cela va au-delà du simple succès », a-t-il souligné. « On a eu de nombreuses réactions du public, des messages, des lettres pleines d’émotion qui montrent que quelque chose s’est passé ».

« Je pense que je vais réussir à le faire revenir d’ici quelques années, le premier pas a été fait », a-t-il ajouté. Tamasaburo Bando rentre mercredi à Tokyo, où il doit participer à l’ouverture d’un grand centre de Kabuki.

 

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