Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, va se rendre en Turquie début mai, a annoncé son gouvernement, et devrait y conclure avec Ankara l’entrée en négociations exclusives des groupes nucléaires japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et français Areva pour le gain d’un contrat de plus de 15 milliards d’euros selon la presse nippone.

 

Lors de ce déplacement, M. Abe s’entretiendra avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan. Les deux dirigeants y arrêteront cette décision, a affirmé mercredi le quotidien nippon Yomiuri.

Le consortium Areva/MHI est en concurrence avec le groupe chinois China Guangdong Nuclear Power Holding pour remporter ce contrat d’établissement de la deuxième centrale nucléaire de Turquie, portant sur quatre réacteurs prévus à Sinop, sur les rives de la mer Noire.

MHI et Areva proposent à la Turquie le réacteur de moyenne puissance Atmea-1, d’une puissance de 1.100 mégawatts, développé par leur coentreprise homonyme. Les travaux débuteraient en 2017 pour une mise en service de la première tranche programmée en 2023.

Joint par l’AFP, le groupe MHI n’a pas souhaité s’exprimer sur l’article du Yomiuri qui n’a pas cité ses sources.

Début avril, le quotidien des milieux affaires japonais Nikkei avait déjà affirmé que l’offre franco-japonaise tenait la corde.

Interrogé à ce sujet, le ministre turc de l’Energie, Taner Yildiz, avait alors démenti que son gouvernement ait déjà tranché. Il avait en revanche confirmé que seules les propositions franco-japonaise et chinoise restaient en lice, après le retrait de groupes canadien et sud-coréen.

La Turquie a annoncé son intention de lancer la construction de trois centrales d’ici cinq ans pour réduire la dépendance de son économie à la forte croissance de l’énergie importée de l’étranger, notamment de Russie et Iran.

Son gouvernement a conclu un accord en 2010 avec la Russie pour construire une première centrale à Akkuyu (sud).

De nombreux groupes étrangers avaient manifesté initialement leur intérêt pour la construction de la deuxième.

Hormis Areva/MHI, le groupe chinois et leurs concurrents malheureux canadien et sud-coréen, le japonais Toshiba s’était lancé dans la course, associé à la compagnie d’électricité Tokyo Electric Power (Tepco), gérante de la centrale Fukushima Daiichi. Mais Tepco s’est retirée en juillet 2011, après l’accident nucléaire dans un complexe atomique du nord-est du Japon.

Côté français, GDF Suez avait également déposé une offre, associé aux groupes japonais Itochu et MHI. Selon le schéma révélé début avril par le Nikkei, le groupe français pourrait finalement être chargé de l’exploitation de la centrale construite par MHI et Areva.

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