En grande difficulté, le groupe japonais Sharp a va finalement supprimer 11.000 emplois au lieu des 5.000 précédemment annoncés et vendre de nombreux actifs pour se relancer, a affirmé mardi une agence de presse nippone.

 

Sharp va mal. Très mal. Pour éviter de fermer, l’entreprise électronique va licencier et restructurer ses activités. L’agence Kyodo a ajouté que le fabricant de produits électroniques allait aussi réduire les salaires, citant un plan présenté lundi à ses principales banques créancières.

Ces institutions pourraient, en échange de cette restructuration draconienne, fournir à Sharp de nouveaux prêts de 360 milliards de yens (3,6 milliards d’euros) dont le groupe a désespérément besoin pour faire face à ses engagements.

Le plan de Sharp prévoit en substance une restructuration de son activité de télévision à écrans à cristaux liquides (LCD), un renforcement de sa division d’écrans de petit et moyen formats pour appareils nomades (smartphones et tablettes) et la cession d’une bonne part de son département de cellules photovoltaïques.

Le groupe a subi une perte nette historique de 376,1 milliards de yens (3,7 milliards d’euros) pendant l’année budgétaire d’avril 2011 à mars 2012 et s’attend encore à une perte nette de 250 milliards de yens (2,5 milliards d’euros) pour 2012-2013.

Début août, il avait annoncé un plan de 5.000 suppressions d’emploi, pour la première fois depuis 1950, sur ses quelque 57.000 salariés dans le monde. Mais Sharp pourrait finalement réduire ses effectifs de 11.000 personnes, soit près de 20%, d’après le nouveau projet concocté, selon Kyodo.

 


3.000 départs volontaires au Japon ?

Parmi ces suppressions d’emplois, quelque 3.000 pourraient disparaître au Japon via des « départs volontaires » et des départs à la retraite non remplacés.

Des milliers de postes pourraient aussi quitter les comptes de Sharp à l’occasion de ventes d’usines d’assemblage au Mexique, en Chine et en Malaisie.

Du côté de la cession d’actifs, hormis ces sites à l’étranger, Sharp prévoirait notamment de se séparer de sa filiale américaine d’énergie solaire, Recurrent Energy.

La firme d’Osaka (centre-ouest du Japon) vendrait en outre sa participation dans le conglomérat industriel nippon Toshiba et son principal immeuble de bureaux dans le centre de Tokyo.

En fin de semaine dernière, un quotidien nippon a prêté au groupe américain Intel l’intention d’investir 300 millions d’euros dans Sharp, ce que le fabricant nippon a démenti.

Officiellement, Sharp reste en négociation avec le groupe d’informatique taïwanais Hon Hai, plus connu sous le nom commercial de Foxconn, à propos d’un accord de vente de 9,9% du capital de Sharp pour 66,9 milliards de yens (665 millions d’euros).

L’accord a été conclu au printemps sur la base d’un titre Sharp à 550 yens, mais la valeur de l’action a depuis fondu de près des deux tiers, ce qui a entraîné des tensions avec Hon Hai. Les négociations visant à redéfinir cet accord capitalistique traînent en longueur.

 

Source: RTL

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