Un groupe de chercheurs japonais du CiRA (Centre pour la recherche et l’application des cellules iPS) de l’Université de Kyoto est parvenu à produire des plaquettes sanguines en masse à partir de cellules iPS (cellules souches pluripotentes induites). Les résultats de leur travaux ont été publiés en ligne dans la revue américaine Cell Stem Cell le 13 février.

 

Les plaquettes ou encore thrombocytes sont des cellules sanguines impliquées dans de nombreux mécanismes essentiels. Elles représentent la seconde population de cellules dans le sang avec les érythrocytes et les leucocytes.

Elles sont issues de la fragmentation de grandes cellules de la moelle osseuse, les mégacaryocytes, et sont, à l’instar des érythrocytes, dépourvues de noyaux.

Les plaquettes sont principalement impliquées dans les mécanismes de coagulation, elles permettent donc la cicatrisation et participent également à la régulation du flux sanguin en agissant sur la vitesse locale des éléments sanguins et sur leur concentration.

Elles sont également impliquées dans le traitement de nombreux syndromes et maladies du sang.

Jusqu’à présent, la production en masse de telles cellules sanguines grâce à la technologie iPS n’avait pas été achevée et elle était réputée difficile à mettre en place.

La quantité de plaquettes ou plus généralement de cellules sanguines nécessaires à une transfusion est très importante, l’approvisionnement à partir de donneurs est souvent insuffisant pour couvrir ces besoins.

La capacité de produire en large quantité des plaquettes à partir de cellules souches pluripotentes apparaît comme une source d’approvisionnement abondante et pouvant sauver de nombreuses vies.

Cet accomplissement pourrait ainsi supprimer les problèmes de pénurie à l’avenir. Le professeur Koji Eto qui a dirigé l’étude prévoie de rendre cette méthode cliniquement disponible d’ici 10 ans.

Dans leur article, Pr Eto et son équipe décrivent comment ils ont créé des lignées cellulaires de mégacaryocytes capables de proliférer pendant 2 mois en introduisant 2 gènes dans les cellules.

Deux à trois semaines après la création des lignées ils ont ajouté un autre gène appelé BCL-XL et ainsi obtenu une lignée « immortalisée » qui peut proliférer pendant plus de 5 mois.

Ces cellules immortalisées ont produit 4 millions plaquettes dans un milieu de culture de 10 mL au cours des 5 jours qui ont suivi la désactivation des gènes ajoutés.

Ces résultats indiquent que par extrapolation, 100 milliards de plaquettes, c’est à dire la quantité nécessaire pour effectuer une unique transfusion, peuvent être produites avec 25 à 50 litres de milieu de culture.

 

Source: Bulletin-electronique

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