Les japonais sont connus pour leur amour très prononcé des produits étrangers, ce qui pourrait avoir débuté suite à la fermeture du pays pendant 250 ans durant l’ère Edo (1603-1867).

 

La politique du gouvernement de Meiji, brusquement devenue plus européenne au nom de rayonnement culturel, couplée avec l’occupation américaine du Japon après la fin de la Seconde Guerre mondiale, est soupçonnée d’avoir accéléré le penchant du pays pour les produits étrangers.

Nous pouvons facilement y trouver une trace de l’européanisation à cause du succès commercial de la marque anglaise Burberry et des restes de l’occupation américaine dans la popularité de la marque américaine Ralph Lauren.

L’obsession des Japonais pour ces deux marques a représenté un chiffre d’affaires s’élevant à 100 milliards de yens sur le marché japonais.

Mais il existe une troisième marque de luxe qui jouit d’un chiffre d’affaire aussi élevé, connue notamment pour ses sacs à main : Louis Vuitton, qui semble également avoir un certain passé historique et culturel avec le pays.

Contrairement à Ralph Lauren et Burberry, qui se sont fait connaître au Japon grâce à des licence d’exploitation, Louis Vuitton s’est fait un nom seulement à travers ses exportations françaises.

kamon-emblèmes-famille-japonCette marque a connu une croissance rapide dans les années 1990 après l’éclatement de la bulle économique au Japon. Au début des années 1980, les marques françaises comme Lancel ou Longchamps, qui se sont retirées du marché japonais en 2012, ont vendu plus de produits importés que Louis Vuitton.

En 1987, les ventes de Louis Vuitton ont dépassé les 10 milliards de yens. Pour le marché japonais c’est une première. On pensait  à l’époque que les ventes annuelles d’une marque étrangère uniquement basées sur l’import ne pouvaient pas dépasser les 10 millions de Yens.

En 2000, ces ventes ont augmenté de plus de 100 milliards de yens au Japon, montrant la croissance phénoménal de cette entreprise en seulement 13 ans.

La forte appréciation du yen après les accords du Plaza en 1985, a contribué à stimuler les ventes de Louis Vuitton et d’autres produits importés.

On dit que la marque française doit son succès à son monogramme LV, considéré comme le symbole de la marque.

Le monogramme LV a été créé en 1896 par Georges Vuitton, propriétaire de 2ème génération de la marque, afin d’empêcher que les produits soient copiés. Le monogramme a été conçu avec les initiales L et V ainsi que des motifs inspirés des crêtes de familles japonaises (kamon).

On dit que Louis Vuitton aurait été inspiré par les emblèmes de familles japonaises, qui avaient été exposées au Pavillon japonais lors de l’Exposition universelle de Paris en 1867.

Louis Vuitton avait exposé ses produits lors de cette exposition dans un showroom de spécialités venues du monde entier, et a remporté de nombreux prix qui a aidé la société française à élargir ses activités.

 

Une collection de crêtes de famille japonaise se trouvait parmi les objets retrouvés de Louis Vuitton

 

L’intérêt des français pour la culture japonaise ayant émergé lors de l’Exposition Universelle de Paris de 1867, a été exprimée de plusieurs manières à cette époque, on parle alors de japonisme. de nombreux artistes tels que les impressionnistes ont été fortement influencé par l’ukiyo-e et il ne serait pas déplacé de dire que le monogramme présent sur les produits Louis Vuitton fasse aussi partie de ce japonisme.

Parmi toutes les marques étrangères s’étant précipitées sur le marché japonais en 1985 grâce à l’appréciation du yen, Louis Vuitton est celle ayant attirée le plus de consommateurs japonais.

Il serait naturel d’imaginer que cette popularité soit due à l’utilisation de crêtes de familles lors de sa conception.

Sur le marché du sac à main au Japon, les ventes de sacs Louis Vuitton s’élèvent à 100 millions de yens, loin devant Hermès et Gucci, qui détiennent respectivement la deuxième et la troisième place.

Vous ne verrez désormais plus le monogramme Louis Vuitton de la même façon !

 

Source: Yomiuri

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