Le combustible usé a été évacué de la piscine du réacteur n°4

 

Tepco a fini d’enlever 400 tonnes de combustible radioactif usé du réacteur n°4, ce qui représente la première étape sur quatre que doit compter le plan de démantèlement de la centrale prévu pour durer des décennies.

L’opération qui a pris un an est un des rares succès de Tepco depuis que la catastrophe a eu lieu en 2011. Le nettoyage de la centrale n’a cessé de prendre du retard et a dû faire face à des fuites d’eau radioactives.

Tepco a retiré 1 331 assemblages de combustible usé des niveaux supérieurs du réacteur endommagé n°4 ce mercredi, a fait savoir une porte-parole. Ce réacteur était une source d’inquiétude depuis que le désastre a eu lieu en raison des risques d’effondrement en cas de nouveau tremblement de terre ce qui aurait libéré le combustible radioactif. Cette menace est désormais écartée.

Mais Tepco doit encore évacuer 180 assemblages de combustible neuf considérés comme moins dangereux car n’ayant pas été irradiés dans le réacteur. Ils seront déplacés dans le réacteur n°6 resté indemne lors du tremblement de terre et du tsunami de mars 2011.

Le combustible usé et 22 assemblages neufs ont été placés dans une piscine de stockage au niveau du sol de l’usine a annoncé Tepco.
Ces opérations devront être répétées dans les trois autres réacteurs au cœur desquelles de la fusion s’est produite suite à la catastrophe et qui contiennent encore presque 1400 assemblages de combustible dans des piscines de stockage situées dans leurs niveaux supérieurs.

Les extractions y seront rendues plus délicates en raison du très fort niveau de radiation dans la zone qui oblige les techniciens à porter des combinaisons de protection et des masques intégraux pour s’en protéger.

Une fois que le combustible aura été évacué, Tepco pourra s’atteler à la tâche la plus délicate qui consiste à extraire les trois cœurs de réacteurs ayant fondus, un évènement sans précédent. Tepco et du gouvernement japonais ont repoussé de cinq ans les travaux pour déplacer le combustible fondu, déplacement qui commencera en 2025 sauf évidement en cas de nouveau retard dans la mise hors service de la centrale, a relayé Kyodo news la semaine dernière.

La centrale est cependant loin d’être complètement sécurisée : Tepco doit en outre faire face à des niveaux de radiation qui atteignent des records après le passage d’un typhon à la mi-octobre.

 

Radiations record après un typhon

 

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▲ Un employé de Tepco mesure le niveau de radiation pendant les opérations de construction du mur de glace souterrain destiné à bloquer les eaux radioactives dans le sous-sol de la centrale accidentée et limiter ainsi les fuites vers la mer. (Reuters/Kimimasa Mayama)

 

Le niveau d’eau radioactive près de la centrale a atteint des records après qu’un typhon a balayé le Japon à la mi-octobre d’après NHK.

Le taux d’isotope de césium radioactif en particulier est monté à 251 000 becquerels par litre, soit trois fois plus que les précédents taux enregistrés. Le césium qui est très soluble et se répand facilement est connu pour être à l’origine de cancers.

De même d’autres mesures alertent sur des niveaux très élevés de tritium – un autre isotope radioactif de l’hydrogène. Des échantillons datés du 9 octobre révèlent un taux de 150 000 becquerels de tritium par litre d’eau souterraine près de Fukushima d’après l’agence japonaise Jiji Press. Par rapport à la semaine précédente ces taux ont été multipliés par dix.

Jiji press rapporte également que « les matériaux émettant des rayons bêta comme le strontium 90 qui provoque le cancer des os, atteignent aussi le record de 1,2 million de becquerels d’après les échantillons ».

Les autorités imputent ces hausses au récent ouragan qui a déversé de grandes quantités de pluies et a blessé une douzaine de personnes à Okinawa et Kyushu avant de se déplacer à l’ouest vers Tokyo et Fukushima.

Alors que le césium est considéré comme plus dangereux que le tritium, tous deux sont des substances radioactives dont les autorités s’efforcent d’éviter le rejet en grande quantité dans l’océan pacifique.

Pour l’instant de nouvelles mesures sur cette question ne sont pas à l’ordre du jour : « des mesures complémentaires ont été exclues puisque la profondeur et l’étendue des fuites d’eau contaminée sont inconnues, et Tepco a d’ores et déjà plusieurs dispositions en place pour contrôler le problème comme le pompage des eaux souterraines et l’élévation de murs pour les contenir » selon l’agence de presse IANS.

Malgré tous les défis que Tepco doit encore relever dans les prochaines années, la société a néanmoins des sujets de satisfaction : au premier semestre (avril à septembre) elle a engrangé un bénéfice net de 2,13 milliards d’euros, son bénéfice d’exploitation a bondi de près de 70% à 283 milliards d’euros et elle a vu une augmentation de son chiffre d’affaire de 3,7% sur un an grâce à une rentabilité opérationnelle et exceptionnelle.

 

Sources : Japan Today / Romandie / Rt /Tepco || Image : Shutterstock.com

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3 Réponses

  1. Janick Magne

    Bonjour,
    J’aimerais rebondir sur votre article « Le combustible usé a été évacué de la piscine du réacteur n°4 », en vous apportant quelques précisions.
    Les interventions en vue de retirer le combustible fondu dans les coeurs des réacteurs ne dureront pas 5 ans et ne finiront pas en 2025. Au contraire, le début des travaux vient d’être repoussé de 5 ans, passant de 2020 à 2025, et pour une durée indéterminée. Le projet initial officiel était de démanteler les réacteurs en 30 à 40 ans, mais des experts japonais ont déclaré que les travaux dureraient certainement plus longtemps. Nous avons donc encore quelques belles décennies d’angoisse à vivre…
    Sources : NHK World News, 30 octobre 2014
    http://www3.nhk.or.jp/nhkworld/english/news/nuclearwatch/20141030.html
    ASAHI : 30 octobre 2014
    http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201410300071
    Bonne continuation à vous.

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