Le géant japonais de l’électronique Panasonic a stupéfié mercredi en annonçant une perte nette probable d’environ 7,6 milliards d’euros pour la deuxième année consécutive, à cause d’énormes frais de restructuration.

 

Le groupe basé à Osaka (centre-ouest du Japon) a prévenu qu’il pourrait enregistrer un déficit net de 765 milliards de yens lors de l’exercice d’avril 2012 à mars 2013, après la perte historique de 772 milliards de yens encaissée l’année budgétaire précédente.

Ce dramatique avertissement sur résultat a d’autant plus étonné que Panasonic promettait jusqu’à présent un retour dans le vert cette année, avec un bénéfice net attendu de 50 milliards de yens.

Le grand concurrent nippon de Sony souffre du yen fort et d’une compétition redoutable, exercée notamment par les groupes sud-coréens et taïwanais, qui entraîne une chute des prix des téléviseurs et d’autres produits électroniques.

Il peine en outre à rentabiliser l’absorption totale de ses ex-filiales Sanyo (cellules photovoltaïques, panneaux solaires et batteries rechargeables lithium-ion) et Panasonic Electric Works (équipements pour les bâtiments et logements).

Dans le cadre de l’intégration de ses deux firmes, il a prévu de ramener ses effectifs à environ 350.000 personnes en mars 2013 contre quelque 385.000 fin mars 2010 (en comptant la maison-mère et ses deux ex-filiales).

 

Pour cette année, Panasonic prévoit des frais exceptionnels de 440 milliards de yens liés aux restructurations. Outre des réformes drastiques évoquées dans sa production d’écrans à cristaux liquides (LCD) et de semi-conducteurs, le groupe va comptabiliser des dépréciations d’actifs du côté des panneaux solaires, des batteries à lithium-ion et des téléphones mobiles.

Il va aussi provisionner de lourdes pertes comptables liées au paiement d’impôts.

Le groupe envisage d’arrêter son activité de téléphones portables en Europe, a expliqué un de ses directeurs, Hideaki Kawai, lors d’une conférence de presse, cité par les médias nippons.

M. Kawai a en outre souligné que les perspectives de l’électronique grand public étaient dramatiques, avec un marché européen bloqué par la crise d’endettement et une activité ralentie un peu partout ailleurs.

Les ventes du groupe pourraient en outre être réduites de l’équivalent de 100 milliards de yens (un milliard d’euros) en Chine à cause de la montée des tensions sino-nippones autour d’un archipel contesté. Les produits japonais sont depuis boudés par nombre de consommateurs chinois.

Au final, son chiffre d’affaires pourrait se limiter à 7.300 milliards de yens contre 8.100 milliards espérés jusqu’alors. L’an passé, il s’était élevé à 7.846 milliards de yens.

Panasonic espère néanmoins toujours dégager un bénéfice d’exploitation, triplé sur un an, à 140 milliards de yens, même si ce montant est inférieur à sa prévision précédente (qui était de 260 milliards).

L’essentiel des frais de restructuration ont été versés aux comptes du premier semestre, terminé sur une lourde perte nette de 685,2 milliards de yens (6,8 milliards d’euros), quintuplée sur un an.

 

Entre avril et septembre, le chiffre d’affaires a chuté de 9% à 3.638,2 milliards de yens (36 milliards d’euros).

Panasonic a vendu moins de téléviseurs à écrans plats, d’appareils photos numériques, de téléphones portables et d’imprimantes multifonctions. Ses semi-conducteurs, batteries lithium-ion et systèmes photovoltaïques ont aussi peiné à trouver preneurs.

Il a en revanche bien écoulé ses systèmes de navigation et audiovisuels pour automobile au Japon, un an après les difficultés liées au séisme et au tsunami du 11 mars 2011 dans le nord-est.

Panasonic a quand même enregistré un résultat opérationnel positif de 87,4 milliards de yens (870 millions d’euros, presque doublé), tiré par ses efforts de réductions de coûts dans l’audiovisuel, les semi-conducteurs, les batteries lithium-ion et le photovoltaïque.

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