Le ministre japonais de l’Industrie a jugé mardi impossible de prévoir le nombre de réacteurs nucléaires qui pourraient être remis en exploitation au Japon d’ici à la fin de l’année, alors que le patron d’Areva a calculé qu’une demi-douzaine pourraient fonctionner d’ici là.

 

En réponse à une question d’un journaliste, Toshimitsu Motegi a estimé « imprévisible » la relance des sites atomiques, aujourd’hui tous stoppés à l’exception de deux réacteurs à Oi (ou Ohi, ouest).

« De nouvelles règles plus sévères seront adoptées en juillet et ensuite débuteront les passages en revue des réacteurs nucléaires », a rappelé pour sa part un porte-parole de l’Autorité de régulation nucléaire.

« Il est de ce fait impossible pour nous de prédire combien de réacteurs pourront éventuellement être relancés », a ajouté un autre fonctionnaire de la même instance.

« Même si certains réacteurs remplissent les conditions de sûreté, il y aura des procédures additionnelles ultérieures, dont celles d’obtenir l’approbation de la population locale », a-t-il ajouté.

Ces réactions interviennent alors que les spéculations vont bon train.

Lundi, le président du directoire du groupe français Areva, Luc Oursel, a dit s’attendre au redémarrage de six réacteurs d’ici à la fin de l’année.

Le PDG de l’entreprise d’uranium canadienne Cameco a pour sa part estimé mi-février que huit devraient avoir été remis en service avant fin 2013.

Inversement, l’agence de presse Kyodo a indiqué, sur la base d’une enquête auprès des compagnies, qu’aucun ne devrait être relancé cette année à cause des délais et contraintes réglementaires.

Quant aux deux d’Oi en activité, ils devraient être arrêtés pour maintenance en septembre, ce qui risque d’entraîner une nouvelle période « nucléaire zéro » comme le Japon en a déjà connu une en mai et juin 2012.

Selon un spécialiste du secteur au Japon, « toutes les hypothèses sont envisageables, de zéro à même une douzaine de réacteurs en service d’ici à la fin de l’année » si les compagnies et l’autorité nucléaire accélèrent les processus de passage en revue et si des délais de grâce sont accordés pour la réalisation des travaux de mise en conformité.

Toutefois, les conditions techniques, politiques et psychologiques sont tellement variables d’un site à l’autre que toutes les hypothèses actuelles ne sont que spéculations.

Le parc nucléaire du Japon compte 50 réacteurs, dont deux en activité pour le moment. Toutefois, seulement une quarantaine sont potentiellement susceptibles de redémarrer à moyen terme, puisque apparaît exclu avant longtemps toute réactivation éventuelle des six restants de Fukushima (2 à Daiichi et 4 à Daini) et des trois d’Onagawa également situés dans la région sinistrée du Tohoku.

Par ailleurs, le ministre de l’Industrie a jugé mardi qu’il serait peut-être difficile de fixer dès la fin de l’année la nouvelle politique énergétique à moyen terme du Japon, même si une commission se réunira à partir du 15 mars pour formuler des recommandations en ce sens d’ici à décembre.

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