On aurait pu penser que la question nucléaire serait un point déterminant dans les élections législatives japonaises . Finalement il n’en a rien été.

 

Vingt mois après la catastrophe de Fukushima, le pro-nucléaire Parti Libéral-Démocrate (PLD) a triomphé ce dimanche aux législatives, laminant les formations qui avaient fait campagne sur l’abandon de l’atome en pariant sur le dégoût de la population.
Le Parti Démocrate du Japon (PDJ, centre-gauche), qui gouvernait le Japon lors du désastre du 11 mars 2011, a eu beau promettre « zéro nucléaire » à l’horizon 2040, les électeurs ont préféré dimanche redonner les rênes du pays aux conservateurs.

 

Passage en revue des 50 réacteurs

 

Le nucléaire était pourtant bel et bien l’un des enjeux de la campagne et le PLD s’est posé en « parti réaliste » privilégiant les défis économiques, principale préoccupation des citoyens. Le parti a promis un passage en revue des 50 réacteurs du pays dans un délai de trois ans pour se prononcer ensuite sur leur relance. Une stratégie gagnante. Les candidats les plus anti-nucléaires, qui prônaient un arrêt définitif des centrales immédiatement ou dans la décennie, n’ont finalement pas su convaincre. Conséquences probables : le plan énergétique du gouvernement sortant de Yoshihiko Noda risque sinon de passer intégralement à la trappe du moins de subir un profond remaniement.

 

Quel mix énergétique?

 

Avant l’accident de Fukushima le PLD, qui a dirigé le pays pendant plus de cinq décennies, voulait plus de 50% d’électricité d’origine atomique en 2030. Il sait qu’aujourd’hui ce n’est plus possible après Fukushima mais il va certainement se donner du temps pour définir le meilleur bouquet énergétique, avec une part de nucléaire. Le PLD, qui plaide pour un Japon fort et non tributaire de l’étranger, juge en effet impossible à moyen terme de se passer d’une des rares formes d’électricité que le Japon est capable de produire sans trop dépendre de l’extérieur. Cette position est proche de celle du patronat, qui estime que l’économie nippone est incapable de se passer totalement d’énergie nucléaire.

 

Seuls 2 réacteurs en service

 

Du fait de l’arrêt des centrales atomiques, les entreprises ont en effet été forcées de réduire leur consommation de courant, ce qui a rejailli sur leur activité dans l’archipel.
Les opérateurs ont pour leur part dû compenser l’arrêt des centrales nucléaires par la remise en marche de centrales thermiques au gaz ou au pétrole, des carburants importés dont la facture ruine les comptes nationaux. Alors qu’elle affichait un excédent très enviable, la balance commerciale du Japon est désormais régulièrement dans le rouge.
Seuls deux réacteurs sont actuellement en service, les 48 autres étant maintenus à l’arrêt dans l’attente d’un verdict sur leur sûreté.
Avant un éventuel redémarrage, tous devront passer une batterie de tests de résistance rendus obligatoires par le gouvernement de centre-gauche à la suite du drame de Fukushima provoqué par un violent séisme et un gigantesque tsunami.

 

Nouvelle Autorité de régulation nucléaire

 

La décision de relance est certes toujours du ressort du pouvoir politique, mais le verdict de sûreté préalable doit être prononcé par la nouvelle Autorité de régulation nucléaire mise en place en septembre. Cette instance, statutairement indépendante du gouvernement, prévoit de définir de nouveaux standards de sécurité plus sévères que les précédents dans le courant de l’année prochaine.

 

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