Le Japon et l’AIEA créeront une base scientifique dans la préfecture de Fukushima. L’accord ad hoc a été signé par le gouverneur de la préfecture, Jukhei Sato, et par le directeur général de l’AIEA, Jukiya Amano.

Les spécialistes du nouveau centre se consacreront à la liquidation des déchets radioactifs et à l’étude des possibilités de décontamination du sol : en mars 2011, le Japon a été affecté par une tragédie qui a fait 20 mille morts. Un puissant tremblement de terre et un tsunami ont endommagé fortement la préfecture de Fukushima. La centrale nucléaire a été détruite. Les substances radioactives des réacteurs se sont retrouvées dans la mer et dans l’atmosphère. 150 mille personnes ont été évacuées. En dix-huit mois, peu de gens ont pu revenir dans leurs maisons, une partie du territoire restant contaminé. Les chercheurs de la base scientifique auront pour tâche de trouver le moyen de décontaminer le sol pour que les gens puissent revenir chez eux. Pour ces travaux, l’AIEA envisage d’envoyer au Japon des spécialistes russes, ukrainiens et biélorusses ayant participé à l’étude des séquelles de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Les deux accidents les plus graves de l’histoire de l’électronucléaire – Tchernobyl et Fukushima – ont eu lieu dans différentes conditions climatiques. Néanmoins, ils ont beaucoup de traits communs. Les experts russes ont prédit le développement des événements de Fukushima avec une grande précision, lorsqu’il est devenu clair qu’il s’agissait d’un accident, souligne Sergei Kondratiev, expert principal de l’Institut de l’énergie et des finances.

 

 

« Les spécialistes russes et ukrainiens possèdent l’expérience unique de la liquidation des séquelles de l’accident de Tchernobyl. Malgré les différences, ces accidents et leurs conséquences ont des traits communs. De ce point de vue, les Japonais bénéficient de l’expérience unique de l’histoire de Tchernobyl pour ne pas répéter les erreurs commises par les spécialistes russes et ukrainiens. Parce qu’alors pour nous, c’était un grand choc. Maintenant, les Japonais ont la possibilité d’étudier notre expérience et de tirer des conclusions ».

Après l’accident de Fukushima,  des auditions publiques sur l’abandon complet de l’énergie nucléaire d’ici 2040 ont eu lieu au Japon. Les interventions des adversaires de l’énergie nucléaire en étaient le prétexte. En septembre, le gouvernement a publié un document sur la nouvelle stratégie énergétique, qui prévoit le passage du nucléaire à d’autres sources d’énergie. Cependant, plusieurs experts trouvent que ce n’est pas avantageux économiquement, raconte Sergei Kondratiev.

 

« Il faut construire des puissances énergétiques considérables basées sur le type thermique traditionnel, en premier lieu sur le gaz, et l’abandon de l’énergie nucléaire serait économiquement peu efficace justement au cours des 25-30 années à venir. Probablement, il y aura en effet de nouvelles technologies bon marché, qui permettront de produire de l’énergie électrique à des prix comparables. Maintenant, cette décision n’est  pas excellente compte tenu de l’instabilité économique au Japon. Parce que dans les conditions actuelles, l’abandon du nucléaire civil entraînerait une augmentation du coût de l’énergie électrique pour les entreprises industrielles et une baisse de leur compétitivité.

 

Néanmoins, la recherche de sources alternatives renouvelables d’énergie dans le monde se poursuivra, dit le rédacteur en chef de la revue « Club Nucléaire» Anton Khlopkov.

« Évidemment, il y a deux axes clés du développement énergétique : la recherche de nouvelles puissantes sources d’énergie qui dans l’avenir pourraient remplacer l’énergie atomique. Et le deuxième axe : la recherche des moyens de rendre cette branche de l’énergie encore plus sûre. Dans 50-100 ans, il est peu probable que l’humanité puisse renoncer à l’énergie atomique, puisque qu’il n’existe pas d’alternative ».

 

Selon Anton Khlopkov, la décision du gouvernement japonais de renoncer totalement à l’énergie atomique, si elle est prise, sera purement politique. Probablement, par la suite, le Japon devra faire marche arrière. Les décisions analogues des autorités de la Suisse et de l’Allemagne, inspirées par Fukushima, probablement, ont aussi des dessous politiques. Mais les États-Unis et la Russie n’envisagent pas de s’engager dans la même voie.

 

 

Source: La voix de la Russie

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  1. Nucléaire: Fukushima bénéficiera de l’expérience de Tchernobyl | Histoire de la Fin de la Croissance | Scoop.it

    […] Le Japon et l’AIEA créeront une base scientifique dans la préfecture de Fukushima. L’accord ad hoc a été signé par le gouverneur de la préfecture, Jukhei Sato, et par le directeur général de l’AIEA, Jukiya Amano.Les spécialistes du nouveau centre se consacreront à la liquidation des déchets radioactifs et à l’étude des possibilités de décontamination du sol : en mars 2011, le Japon a été affecté par une tragédie qui a fait 20 mille morts. Un puissant tremblement de terre et un tsunami ont endommagé fortement la préfecture de Fukushima. La centrale nucléaire a été détruite. Les substances radioactives des réacteurs se sont retrouvées dans la mer et dans l’atmosphère. 150 mille personnes ont été évacuées. En dix-huit mois, peu de gens ont pu revenir dans leurs maisons, une partie du territoire restant contaminé. Les chercheurs de la base scientifique auront pour tâche de trouver le moyen de décontaminer le sol pour que les gens puissent revenir chez eux. Pour ces travaux, l’AIEA envisage d’envoyer au Japon des spécialistes russes, ukrainiens et biélorusses ayant participé à l’étude des séquelles de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Les deux accidents les plus graves de l’histoire de l’électronucléaire – Tchernobyl et Fukushima – ont eu lieu dans différentes conditions climatiques. Néanmoins, ils ont beaucoup de traits communs. Les experts russes ont prédit le développement des événements de Fukushima avec une grande précision, lorsqu’il est devenu clair qu’il s’agissait d’un accident, souligne Sergei Kondratiev, expert principal de l’Institut de l’énergie et des finances.« Les spécialistes russes et ukrainiens possèdent l’expérience unique de la liquidation des séquelles de l’accident de Tchernobyl. Malgré les différences, ces accidents et leurs conséquences ont des traits communs. De ce point de vue, les Japonais bénéficient de l’expérience unique de l’histoire de Tchernobyl pour ne pas répéter les erreurs commises par les spécialistes russes et ukrainiens. Parce qu’alors pour nous, c’était un grand choc. Maintenant, les Japonais ont la possibilité d’étudier notre expérience et de tirer des conclusions ».Après l’accident de Fukushima, des auditions publiques sur l’abandon complet de l’énergie nucléaire d’ici 2040 ont eu lieu au Japon. Les interventions des adversaires de l’énergie nucléaire en étaient le prétexte. En septembre, le gouvernement a publié un document sur la nouvelle stratégie énergétique, qui prévoit le passage du nucléaire à d’autres sources d’énergie. Cependant, plusieurs experts trouvent que ce n’est pas avantageux économiquement, raconte Sergei Kondratiev.« Il faut construire des puissances énergétiques considérables basées sur le type thermique traditionnel, en premier lieu sur le gaz, et l’abandon de l’énergie nucléaire serait économiquement peu efficace justement au cours des 25-30 années à venir. Probablement, il y aura en effet de nouvelles technologies bon marché, qui permettront de produire de l’énergie électrique à des prix comparables. Maintenant, cette décision n’est pas excellente compte tenu de l’instabilité économique au Japon. Parce que dans les conditions actuelles, l’abandon du nucléaire civil entraînerait une augmentation du coût de l’énergie électrique pour les entreprises industrielles et une baisse de leur compétitivité.Néanmoins, la recherche de sources alternatives renouvelables d’énergie dans le monde se poursuivra, dit le rédacteur en chef de la revue « Club Nucléaire» Anton Khlopkov.« Évidemment, il y a deux axes clés du développement énergétique : la recherche de nouvelles puissantes sources d’énergie qui dans l’avenir pourraient remplacer l’énergie atomique. Et le deuxième axe : la recherche des moyens de rendre cette branche de l’énergie encore plus sûre. Dans 50-100 ans, il est peu probable que l’humanité puisse renoncer à l’énergie atomique, puisque qu’il n’existe pas d’alternative ».Selon Anton Khlopkov, la décision du gouvernement japonais de renoncer totalement à l’énergie atomique, si elle est prise, sera purement politique. Probablement, par la suite, le Japon devra faire marche arrière. Les décisions analogues des autorités de la Suisse et de l’Allemagne, inspirées par Fukushima, probablement, ont aussi des dessous politiques. Mais les États-Unis et la Russie n’envisagent pas de s’engager dans la même voie.Source: La voix de la Russie  […]

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