Le ministre, lors d’un voyage au Japon, a loué la méthode nipponne et confessé le désintéressement français envers le secteur industriel.

 

C’est un exercice inattendu, qui a pris de court les témoins de la scène, auquel s’est livré le ministre français du Redressement productif, qui effectue actuellement un voyage au Japon.

Battant sa coulpe, Arnaud Montebourg a dit venir prendre « des leçons de patience et de persévérance » au Japon, dont il a loué la « passion pour l’industrie » et la coopération entre les domaines public et privé.

M. Montebourg bouclait mardi la seconde journée d’un séjour au Japon, où il a visité, entre autres, à Kobe (ouest) une usine du partenaire nippon du groupe nucléaire Areva, Mitsubishi Heavy Industries (MHI), qui a des accords avec PSA, et a eu des entretiens avec des dirigeants des constructeurs d’automobiles.

Il avait prévu notamment un long entretien avec le P-DG de Nissan, Carlos Ghosn, également patron de Renault qui est le premier actionnaire du constructeur nippon.

L’État français, premier actionnaire de Renault, a récemment appelé Nissan à soutenir le groupe français en lui confiant des modèles à produire dans ses usines de l’Hexagone.

« Pendant des années, assumons nos propres erreurs, nous nous sommes désintéressés d’une certaine manière du secteur industriel » en France, a déploré le ministre lors d’un discours devant un parterre de dirigeants d’entreprises réunis par la chambre de commerce et d’industrie française du Japon.

« Les Japonais ont une passion pour l’industrie et y ont mis des ressources considérables. Ils ont su allier le secteur public et le secteur privé, la recherche publique et la recherche privée. Ils ont su mobiliser l’ensemble de leur nation autour de leur appareil productif industriel », a noté M. Montebourg.

Pendant son séjour à Kobe et à Tokyo, il a incité les responsables de grandes d’entreprises nippones à investir en France et a remercié celles qui le font déjà, mettant en exergue la décision de Toyota d’élever sa production de véhicules sur son site de Valenciennes. Mais il a aussi cherché une inspiration à la politique de réindustrialisation voulue par le gouvernement.

 

Patience et persévérance

 

« Je suis venu prendre des leçons de patience, de persévérance et de constance ici, dans l’empire du Soleil levant », a clamé le ministre, jugeant que la France, qui a ces dernières années « trop cédé à la facilité financière », devait « redécouvrir la patience, la construction industrielle ».

Cet acte d’humilité soudain du ministre, dont il faudra vérifier à son retour en France qu’il conservera la même tonalité, a cloué de stupeur l’auditoire. Il a souligné l’initiative du gouvernement français de rassembler les constructeurs et grands équipementiers du secteur automobile autour du « cap technologique » que constitue la production d’automobiles moins consommatrices de carburant.

« Le gouvernement, les constructeurs et les équipementiers travaillent ensemble vers des objectifs partagés que nous contribuons à financer à la manière du Miti », le puissant ministère nippon de l’Industrie qui joue un rôle pivot dans la définition des axes stratégiques de la production au Japon, a souligné M. Montebourg.

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