La princesse Masako vient de fêter ses 50 ans. Sur les photos officielles, elle a retrouvé le sourire. Mais le palais impérial reste pour elle comme une prison.

 

Masako a eu droit comme chaque année à sa séance photo d’anniversaire. Les clichés ont un air désuet. Dans ces séries, la famille impériale semble toujours hors du temps. Masako, 50 ans, pose entourée de son époux le prince héritier Naruhito, de leur fille Aiko, et du chien Yuri. Elle est souriante.

«Je me sens merveilleusement bien», assure un communiqué de Masako publié par l’Agence de la maison impériale.

«Je suis très reconnaissante aux nombreuses personnes qui m’ont contribué à faire de moi qui je suis aujourd’hui.

J’ai fait l’effort d’honorer le plus grand nombre de fonctions publiques et privées que je pouvais», ajoute le texte. «Je veux continuer comme ça vers le rétablissement».

Masako souffre officiellement de dépression depuis 2004. Difficile de savoir comment se sent, à cet âge symbolique, celle qu’une biographie interdite au Japon surnommait «la prisonnière du trône de Chrysanthème». Masako sort peu.

Cette cinquantième année a tout de même était marquée par une belle amélioration. La princesse a assisté au couronnement du roi Willem-Alexander, en mai dernier. Elle n’est toutefois pas allée au diner de gala, où Naruhito s’est rendu seul le soir.

C’était sa première sortie officielle du Japon depuis plus de dix ans, et la visite du couple en Australie et Nouvelle-Zélande en 2002. On ne lui connait qu’un seul voyage privé hors de l’archipel entre temps, pour des vacances dans la famille royale des Pays-Bas, à l’invitation de Beatrix en 2006.

Alors que les héritiers des monarchies européennes parcourent leurs royaumes et le monde, l’épouse du prochain empereur du Japon vit, elle, recluse en son palais du Togu. Pleure-t-elle encore, après 20 années de mariage, son indépendance perdue?

L’histoire de Masako est celle d’un incroyable choc de génération, la collision du destin d’une jeune Japonaise moderne avec ce que la société de son pays a de plus conservateur.

L’histoire d’une femme brillante, promise à une grande carrière, abandonnée pour devenir l’épouse muette du fils de l’empereur Akihito, 125e représentant de la lignée Yamato, que l’histoire nippone fait remonter à l’an 660 avant Jésus-Christ.

 

Le prince courtise la jeune femme pendant cinq ans, elle refuse au moins deux demandes en mariage

 

Fille d’un éminent diplomate en poste à Moscou, Tokyo puis aux Etats-Unis dès 1978, Masako a suivi les pas de son père.

Diplômée d’économie à Harvard à 22 ans, proche du consulat japonais à Boston à qui elle offre ses services, elle préparait à l’université de Tokyo le concours d’entrée au ministère des Affaires étrangères, à l’époque de sa rencontre avec Naruhito.

Masako a croisé le chemin l’héritier en novembre 1986, lors d’une réception donnée à Tokyo pour la venue de l’infante espagnole Elena.

Le prince héritier du Japon est rapidement tombé sous le charme de cette jeune femme qui a toutes les qualités. Elle est intelligente, cultivée, parfaitement éduquée, et très belle.

Dans les semaines qui suivent, Naruhito s’est arrangé pour la revoir le plus souvent possible, au point d’attirer l’attention des médias sur la jeune inconnue.

Masako, loin d’être intéressée par la vie monacale d’une femme de la famille impériale, et plus encore passionnée par son futur travail, part étudier les relations internationales à l’université britannique d’Oxford.

Le prince continue de courtiser la jeune femme pendant cinq ans, qui refusera au moins deux demandes en mariage. La troisième fut la bonne pour Naruhito. On ignore ce qui a fait changer d’avis Masako, pour lui faire abandonner l’avenir auquel elle tenait tant. Le 9 juin 1993, le couple se marie dans la plus pure tradition japonaise.

L’espoir porté par l’arrivée de jeune femme brillante, moderne, sera déçu. Masako reste à sa place. Avec le temps, la presse conservatrice est de plus en plus dure avec cette épouse qui ne donne pas de nouvel héritier à la dynastie. En 1998, Masako fait une fausse couche.

Elle se fait de plus en plus discrète. Le 1er décembre 2001, la princesse donne enfin naissance à un enfant. Une fille, Aiko. La loi de l’empire, elle, exige un héritier male. La situation de Masako est de plus en plus compliquée.

Dans les années qui suivent, elle s’enfonce dans la dépression. Jusqu’à l’officialisation de la maladie. Au Japon, comme à l’étranger, les rumeurs sur la vie de Masako fleurissent dans la presse.

On évoque les brimades imposées au talent, à la personnalité rétive de Masako par les fonctionnaires de la maison impériale, qui régissent la vie de la famille.

On la compare à Diana. Princesse, elle n’a rien le droit de faire, si
ce n’est d’écrire de la poésie. Toute sortie du palais doit être annoncée plusieurs jours à l’avance.

Masako parle l’anglais, le français, le russe, l’allemand, l’espagnol, mais elle est priée de se taire. Ne pas faire
d’ombre au futur empereur. Naruhito, lui, prend plusieurs fois la défense de sa femme en public. Le prince, semble-t-il, ne peut que constater l’effondrement moral de celle qu’il adore par-dessus tout.

Depuis onze ans maintenant, Masako est soignée. Sa sortie à Amsterdam en mai dernier est un bon signe. Un communiqué publié lundi par le personnel médical entourant la princesse, a déclaré qu’elle se «remettait régulièrement mais lentement».

Les médecins pourtant restent très prudents, et concluent: «Trop de confiance peut provoquer un effet néfaste». L’avenir de Masako est toujours troublé.

 

 

Source: Parismatch

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