La poussée de nationalisme en Chine contre le Japon peut-elle atteindre Renault via Nissan ? Les constructeurs nippons, qui avaient dans un premier temps fermé leurs usines chinoises, les ont rouvertes mais à une cadence de production réduite de moitié, la faute à un boycott de leurs véhicules.

En septembre, Nissan a ainsi accusé une chute de près de 35% de ses ventes dans le pays, Toyota de près de 50% et Honda n’a jamais vendu aussi peu de véhicules dans l’ancien Empire du Milieu depuis près d’un an et demi ! Des spécialistes pensent que les constructeurs nippons pourraient même perdre leur première place sur le marché local, ce qui n’est plus arrivé depuis 7 ans… « Les gens ont peur d’acheter des voitures japonaises… Si la situation ne s’arrange pas et si les constructeurs japonais ne peuvent quantifier cet impact rapidement, cela pèsera sur leurs résultats », pronostique Satoshi Yukazi, un analyste de Takagi Securities interrogé par Bloomberg. Toyota a d’ores et déjà fait savoir que son objectif 2012, le cap des 1 million de véhicules vendus en Chine, sera compliqué à atteindre.

Or, Nissan réalise quasiment le quart de ses ventes mondiales en Chine, selon le recoupement de plusieurs sources. Le CM-CIC Securities pense pour sa part que le pays représente 35% de la profitabilité de la marque japonaise : « Si le conflit perdure jusqu’à la fin de l’année, l’impact en chiffre d’affaires pour Nissan pourrait être supérieur à 2 milliards d’euros », selon les calculs de l’analyste, soit 2,5% de ses revenus annuels, et donc de 200 millions d’euros au niveau de la marge opérationnelle (4% du résultat opérationnel courant annuel) et de 130 millions d’euros en terme de bénéfice net.

Quel impact pour Renault dans tout ça ? Pour le CM-CIC Securities, la marque au losange devrait dégager 1,9 milliard d’euros de bénéfice net, dont 1,4 milliard en provenance de Nissan… Sur la base de ses estimations précédentes, le bénéfice de Renault reculerait à 1,84 milliard d’euros, et le dividende versé par Nissan, environ 300 millions d’euros, « pourrait être amputé d’une dizaine de millions d’euros ».

Au final, le bras de fer qui s’est engagé entre Tokyo et Pékin sur la propriété de l’archipel des Senkaku ne devrait avoir qu’un impact par ricochet assez modeste sur Renault, mais tout dépendra de la durée de la dispute, et évidemment de son issue…

 

 

 

Souce: Boursier

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