A l’occasion du 2e anniversaire de la catastrophe nucléaire survenue à Fukushima, plusieurs livres d’auteurs et journalistes japonais sont publiés en France.

 

Dans « Mille cercueils » (Seuil), le journaliste et écrivain Kôta Ishii raconte son voyage à Kamaishi, au lendemain du Tsunami.

Pendant les deux mois qui suivent la catastrophe, Kôta Ishii assiste aux scènes terribles qui se déroulent dans les dépôts mortuaires, prend des notes, témoigne.

« Il me semblait que c’était là, dans cet endroit singulier, qu’on pouvait le mieux rendre compte de la manière dont ces hommes et ces femmes continuaient à vivre avec, au cœur, le sentiment douloureux de voir leur terre couverte de corps sans vie.Pour traiter d’un tel sujet, rien ne me paraissait plus parlant que la froide réalité des cadavres. »
Mille cercueils, Kôta Ishii © Seuil

Furukawa Hideo est né à Fukushima mais n’y était pas au moment de la catastrophe.

Devant les images des médias, le choc le plonge dans une sensation d’irréalité qui le décide partir à Fukushima.

De ce retour il a fait un livre, « Ô chevaux, la lumière est pourtant innocente » (Philippe Picquier).

 

Le nucléaire en question

 

Naoto Matsumura, 51 ans, refuse d’être évacué (4 juin 2011, Tomioka, 17 000 habitants avant la catastrophe). © Antonio Pagnotta

Après la catastrophe, les habitants ont été évacués hors de la zone rouge, abandonnant animaux domestiques et animaux de ferme.

L’ordre d’évacuation, initialement de 48 heures, a été prolongé et s’est finalement transformé en ordre permanent.

Naoto Matsumura a refusé de quitter sa ferme, installée depuis cinq générations dans la région.

Il est devenu un symbole de la révolte contre la puissance nucléaire.

C’est son histoire que raconte « Le dernier homme de Fukushima », du photojournaliste Antonio Pagnotta, publié aux éditions Don Quichotte. Les photographies d’Antonio Pagnotta sont visibles sur le site de Mediapart ici

© Antonio Pagnetta / Don Quichotte
© Antonio Pagnetta / Don Quichotte

En BD, les éditions Le Lézard noir proposent de découvrir Fukushima sous un autre angle, celui des difficiles conditions de travail des employés de la centrale, 20 ans avant la catastrophe.

« Poissons en eaux troubles » est une série de nouvelles illustrées de Susumu Katsumata entre 1985 et 1989.

Poissons en eaux troubles, les invisibles du nucléaire © Susumu Katsumata / Le Lézard noir
Poissons en eaux troubles, les invisibles du nucléaire © Susumu Katsumata / Le Lézard noir

Plusieurs textes seront également publiés en poche : « Fukushima, récit d’un désastre », de Michaël Ferrier chez Folio et « Fukushima, dans la zone interdite : voyage à travers l’enfer et les hautes eaux dans le Japon de l’après-séisme » de William T. Vollmann aux éditions Tristram, collection souple.

 

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