L’Union européenne et le Japon vont négocier un accord de libre-échange mais les réticences restent fortes dans les deux camps.

 

Portant des gilets bleus et agitant de hauts drapeaux rouges, une cinquantaine de militants japonais opposés à une ouverture de leur marché domestique s’étaient massés, hier midi, à Tokyo, devant le siège du Keidanren, le patronat japonais, où se tenait un déjeuner d’hommes d’affaires européens et nippons, venus célébrer le lancement officiel de négociations commerciales bilatérales.

Elles devraient déboucher sur la mise en place d’un accord de libre-échange entre les deux partenaires qui représentent, ensemble, 30 % du PIB mondial et 40 % du commerce.

La manifestation témoigne de l’extrême sensibilité des pourparlers qui vont formellement débuter en avril, mais qui font suite à trois années de travail préparatoire.

Si les deux partenaires reconnaissent qu’ils ont besoin de doper leur commerce bilatéral pour pousser leurs croissances respectives et ne pas se faire déborder par les grands pays émergents favorables aux accords de libre-échange, des réticences restent fortes.

Plusieurs pays de l’Union, et notamment la France, ont longtemps refusé le lancement de ces négociations.

Ils redoutent de voir les discussions se concentrer sur une baisse des barrières tarifaires et non sur les barrières non tarifaires qui empêchent les produits européens, notamment agroalimentaires et pharmaceutiques, d’accéder au marché japonais.

Pour protéger ses sociétés, Tokyo a multiplié les standards originaux, les régulations touffues ainsi que des normes sanitaires étonnamment strictes qui découragent les éventuels exportateurs européens de tenter d’obtenir l’homologation de leurs marchandises.

L’UE a recensé 31 barrières de ce type et exige un geste rapide de Tokyo.

 

Le yen est en forte baisse

 

« Si, dans un an, je m’aperçois que le Japon n’a pas respecté ses promesses d’efforts sur ce sujet, les négociations seront suspendues », a prévenu sèchement, hier à Tokyo, Karl De Gucht, le commissaire européen au Commerce, sans toutefois préciser comment il mesurerait les « progrès » japonais.

En échange de ces promesses d’ouverture, Tokyo veut, lui, obtenir un abaissement significatif des tarifs douaniers appliqués à ses véhicules et à son électronique made in Japan.

L’Union européenne applique ainsi encore une taxe de 10 % aux voitures arrivant du Japon et de 22 % sur les camions importés de l’Archipel.

Mais plusieurs constructeurs européens, déjà très en difficulté, redoutent d’être submergés par des importations nippones qui pourraient profiter d’un yen en forte baisse.

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