Le monde numérique actuel a augmenté considérablement les risques de maladies de l’œil à cause de l’usage constant des ordinateurs et smartphones.

 

Actuellement, près de 300 000 personnes au Japon auraient perdu la vue. Afin de les aider à recouvrer la vue, même partiellement, des chercheurs d’université et des entreprises utilisent actuellement la nouvelle technologie pour traiter des patients atteints de troubles de la vue, quelque chose qui était autrefois considéré comme impossible.

En janvier 2014, une femme d’une soixantaine d’année, vivant dans la préfecture d’Osaka, a subi une opération de l’œil à l’hôpital universitaire d’Osaka. On lui a implanté une rétine artificielle dotée d’électrodes pour lui redonner la vue. Cette opération est issue des plus récentes recherches cliniques.

La patiente avait perdu la vue suite à une maladie rare appelée « dégénérescence pigmentaire rétinienne » huit ans auparavant. « Je peux désormais voir les fleurs blanches du jardin et le visage de mon mari » dit elle. Les avancées de la technologie médicale lui ont permis de voir à nouveau, ne serait-ce que d’un petit pas.

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Des cellules réactivées

 

L’université d’Osaka travaille sur des moyens d’éradiquer cette maladie. Avec cette méthode, une personne aveugle porte une paire de lunettes équipée de petits dispositifs, qui envoient une image à un autre dispositif de traitement de l’image situé autour du cou. Puis, l’image est convertie et des signaux sont transmis à la rétine intacte via une électrode de 6 millimètres de diamètre implantée dans la sclérotique, la partie extérieure de la rétine plus communément appelée le blanc de l’œil.

Normalement, la donnée de l’image capturée par les lentilles cristallines de nos yeux est d’abord envoyée à la rétine par les nerfs avant d’arriver jusqu’au cerveau. Cependant, le décodage de l’image ne peut plus se faire si beaucoup de cellules de la rétine meurt. Afin de résoudre ce problème, les chercheurs de l’Université d’Osaka ont trouvé un moyen de générer des signaux de différentes données d’image et de les transmettre aux cellules restantes de la rétine. Ainsi, ces cellules sont réactivées et peuvent envoyer les données au cerveau.

L’hôpital universitaire a déjà réussi trois opérations et a l’intention d’obtenir une validation du gouvernement en tant qu’outil médical dans les années à venir. « Cette méthode permet aux patients de voir les silhouettes et les mouvements approximativement. Nous espérons développer une technologie de la rétine artificielle qui peut les aider à vivre de manière indépendante à l’avenir, » selon Takashi Fujikado, un professeur ophtalmologue de l’Université d’Osaka à la tête de ce projet de recherche.

Pour obtenir une meilleure clarté de vision, une équipe de recherche dirigée par Jun Ota, professeur de science du dispositif photonique à l’Institut de Science et Technologie de Nara, a essayé d’améliorer la précision des puces électroniques. Le fait juste d’augmenter le nombre d’électrodes agrandit la taille des puces. Cela demanderait plus de fils pour relier les puces et compliquerait donc l’opération chirurgicale.

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Un travail d’équipe

 

Ainsi, le professeur Ota et ses collègues scientifiques travaillent à développer de nouvelles électrodes de petite taille. En collaborant avec Nidek, une entreprise spécialisée dans les outils ophtalmologiques et basée dans la préfecture d’Aichi, ils ont créé une technologie de traitement ultrafine pour des électrodes si petites qu’il sera possible d’en placer un grand nombre à l’intérieur d’une seule puce.

Il est ainsi possible d’intégrer de minuscules électrodes dans un réseau d’électrodes plus vaste. Actuellement plus de 1000 électrodes peuvent être intégrées dans une puce de plusieurs millimètres carrés, soit 20 fois plus que la méthode de l’université d’Osaka, selon l’équipe de recherche. L’utilisation de cette nouvelle technologie et celle de la rétine artificielle développée par l’université d’Osaka permettraient d’implanter ces minuscules puces pour stimuler électriquement la rétine.

Ota et son équipe de recherche étudieront sur le fait de savoir si ces puces pourraient s’éroder ou se détériorer à l’intérieur du corps afin de rendre la technologie disponible le plus tôt possible. « Les cellules visuelles traitent plus de 100 millions de pixels. Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir reproduire entièrement les couleurs (vues par l’œil humain), mais cela pourrait améliorer considérablement la qualité de vie des personnes mal-voyantes ou non-voyantes afin qu’elles puissent lire des livres ou encore sortir », affirma Ota.

 

Source : Noriyuki Takada et Daisaku Yamasaki – Nikkei

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