Takato Kosaka était un peu intimidé au début. Mais l’étudiant en première année à l’Université de Kyoto, déterminé à développer des compétences futures,  dirige aujourd’hui un cours d’anthropologie dans lequel 80%  des étudiants sont étrangers.

 

«Une classe entièrement en anglais fut d’abord une assez grande charge », a déclaré l’étudiant ingénieur. «J’ai assisté à cette classe parce que je souhaite pouvoir aider les pays en développement grâce à mon futur emploi. »

L’université de Kyoto prévoit d’ajouter environ 100 membres étrangers au corps professoral pour l’année 2017 afin d’enseigner la moitié des cours d’arts libéraux en anglais.

Cette idée a provoqué un mouvement d’opposition au sein de l’université. Mais cela n’a pas empêché l’Université de Kyoto, alma mater de nombreux lauréats du prix Nobel, et à un nombre croissant d’autres écoles à travers le Japon, d’offrir des cours enseignés en anglais.

L’idée est de permettre aux élèves «d’apprendre en anglais» plutôt que simplement  «apprendre l’anglais». Ces cours correspondent également à la demande sur le marché du travail, de diplômés japonais sachant très bien parler l’anglais.

«La différence de niveau d’anglais des étudiants est importante », a déclaré Mario Lopez, qui enseigne à la classe l’introduction à l’Anthropologie à l’Université de Kyoto. «Si le contenu de mon cours est trop simple, les étudiants étrangers trouveront la classe ennuyeuse. Mais si je ne réduis pas le niveau de difficulté, les étudiants japonais ne seront pas en mesure de suivre. C’est un dilemme. « 

Pour déterminer le niveau de compréhension d’anglais des élèves, Lopez leur fait écrire des essais simples en anglais dès le premier jour de classe. S’il détermine que la compétence en langue d’un élève n’est pas suffisant, il leur demande de reconsidérer l’idée de suivre le cours.

Tous les membres du corps professoral ne sont pas satisfaits de la volonté de l’université à se tourner vers un système d’éducation anglophone.

« La qualité d’un cycle est réalisé par l’apprentissage d’une variété de sujets, » a indiqué un communiqué de protestation publié par un groupe de professeurs l’an dernier. « Si de nombreux étudiants sont incapables de suivre leurs cours, leur niveau d’éducation va en souffir. »

Selon le communiqué, un étudiant ne peut pas atteindre une «pensée hautement sophistiquée et rationnelle » à travers une langue non maternelle.

« L’usage disproportionné de l’anglais dans les classes va développer chez les étudiants un sentiment d’infériorité, les éloigner davantage de la communauté internationale ».

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L’enseignement des cours optionnels en anglais n’est pas une chose nouvelle au Japon

 

A Tokyo, l’Université de Waseda, l’Université Hosei et l’Université Soka ont toutes créé des départements d’études internationales au cours des 10 dernières années.

L’Université Ryukoku à Kyoto et l’Université de Kinki à Osaka prévoient ainsi d’établir des services similaires. L’Université de Kinki veut renforcer son enseignement de l’anglais en collaborant avec l’école de langues Berlitz.

En 1994, l’École d’Arts libéraux de l’université de Miyazaki a décidé de proposer l’ensemble des cours en anglais.

« Afin de suivre les cours en anglais, les élèves doivent étudier et comprendre le sujet en japonais », a déclaré Lloyd Walker, assistant du doyen de l’école. « Par conséquent, notre programme encourage l’apprentissage auto-dirigé au seins de nos étudiants. »

Selon le ministère de l’éducation, en 2011, 222 établissements – soit environ 30% des universités proposant des cycles d’étude de quatre ans au Japon – enseignait leurs cours en anglais. En 2008, seulement 190 universités – 26% – le faisaient.

26 départements de 16 universités permettent aux étudiants de gagner assez de crédits pour obtenir leur diplôme en suivant des cours enseignés seulement en anglais.

Le soutien de ces programmes par le Premier ministre Shinzo Abe a soulevé l’attention sur l’enseignement de l’anglais.

Le gouvernement Abe a débuté cette année un programme de soutien auprès de 30 institutions désignées comme «universités d’excellence, » sur la base de critères tels que la capacité à offrir des cours en anglais.

 

Source : Asahi || Image : Shutterstock.com

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