D’après une nouvelle étude, les températures dans les failles sismiques auraient une influence sur les séismes, et pourraient compenser un faible taux de friction.

 

Les chercheurs ont fait un nouveau pas en avant pour comprendre comment et pourquoi le séisme et le tsunami qui ont dévasté le Japon en 2011 ont été si importants. Les capteurs de température installés dans la faille l’an dernier montrent désormais que les frictions entre les rochers pendant le séisme étaient d’une magnitude moins importante que ce qui avait été supposé précédemment.

Le séisme de Tohoku d’une magnitude 9 a ébranlé la communauté scientifique en marquant un record d’écartement jamais enregistré dans une faille : près de 40 à 80 mètres. Personne n’a pu expliquer comment ou pourquoi cela a eu lieu.

Fin 2011, un groupe de chercheurs a monté un effort de réponse rapide pour enquêter sur la question, d’après un article du journal Nature.

Au printemps 2012, ils ont réussi à installer une suite de 55 capteurs de températures à plus de 850 mètres dans la faille, qui repose elle-même sous 6900 mètres d’eau. Créer un observatoire à ces profondeurs était déjà un record.

Le projet a été confronté à de nombreux défis : une mauvaise météo qui a retardé l’installation, les changements dans la faille pourraient avoir écrasé les instruments, et un séisme en décembre aurait pu enterrer l’observatoire sous des glissements de terrain.

Mais l’équipe a réussi à retirer ses capteurs le 26 Avril 2013 sans constater aucun dégât.

« Étonnamment, il semble que l’expérience pourrait avoir fonctionné » a déclaré une membre de l’équipe Emily Brodsky de l’Université de California à Santa Cruz. Elle et une collègue ont présenté leurs résultats préliminaires au Sommet de l’Union de la Geoscience du Japon le 19 Mai.

Les mesures de températures montrent comment la chaleur s’est dissipée de la faille dans le temps, permettant aux chercheurs d’extrapoler sur le moment du séisme et de voir quelle quantité de chaleur frictionnelle a été générée pendant le changement.

A partir de là, ils ont calculé le coefficient de friction pour la faille et ont découvert qu’il était plus bas que la valeur conventionnelle utilisée depuis les années 1970. Ce chiffre moins important signifie moins de friction.

Ce résultat soutient la théorie selon laquelle la friction pendant un séisme peut être radicalement différente que la friction en période d’inactivité, parce que l’eau dans l’argile est réchauffée par le tremblement d’un séisme, s’étend et s’échappe de la faille.

Emily Brodsky a déclaré qu’il y avait des indices montrant que cette découverte pourrait être généralisée à d’autres failles.

Le résultat est cohérent avec d’autres expériences menées par un collaborateur d’Emily Brodsky, Kohtaro Ujiie, de l’Université de Tsukuba, qui tente de recréer la pression et les conditions de températures de cette faille depuis son laboratoire.

Les deux groupes espèrent publier leurs résultats prochainement.

 

 

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Source: actualites-news-environnement.com

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