Les prix à la consommation au Japon, hors produits périssables, ont reculé de 0,1% sur un an en septembre, un peu moins que lors des mois précédents en raison d’une hausse des prix de l’électricité, a annoncé vendredi le ministère des Affaires intérieures.

 

Le Japon reste en déflation, un phénomène de baisse des prix qu’il subit depuis plus de trois ans et qui décourage l’investissement des entreprises et affaiblit la consommation des ménages. Le rythme du repli avait atteint jusqu’à 2,4% sur un an en août 2009.

En excluant non seulement l’alimentation, mais aussi l’énergie, les prix à la consommation ont reculé de 0,6% en septembre par rapport à ceux du même mois de 2011, a précisé le ministère. La différence s’explique par la forte hausse des cours de l’électricité (+7,3%) et du gaz (+3,4%).

Les prix de l’électroménager ont continué de plonger, notamment ceux des réfrigérateurs (-28,1%) et des machines à laver sèche-linge (-31,6%), et les prix de l’équipement hi-fi ont encore baissé eux aussi, du côté des télévisions (-4,7%) ou des caméscopes (-27,2%).

Les tarifs des loyers, qui pèsent lourd dans la balance, se sont aussi effrités (-0,4%).

Parmi les quelques hausses significatives, à noter celle du coût de la maintenance automobile (+1,1%), un important poste du budget des ménages.

L’indice des prix à la consommation dans la région de Tokyo, considéré comme un indicateur avancé de l’évolution des prix dans le reste du Japon, a régressé de son côté de 0,4% en octobre sur un an, hors produits périssables, a précisé le ministère.

La déflation représente l’un des principaux freins à la reprise de la troisième puissance économique mondiale, qui après un début d’année de vigoureuse croissance pourrait voir son produit intérieur brut décliner au second semestre

 

La baisse tendancielle des prix décourage en effet l’investissement des entreprises et incite les consommateurs à retarder leurs achats, dans l’espoir de bénéficier plus tard de tarifs plus avantageux.

Pour tenter d’endiguer ce phénomène pernicieux, la Banque du Japon (BoJ) maintient son taux directeur dans une fourchette de 0,0% à 0,1% et mène un programme d’achats d’actifs et d’injections dans le circuit interbancaire portant sur 80.000 milliards de yens (800 milliards d’euros), afin de faciliter la circulation d’argent.

Elle promet de poursuivre cette politique accommodante jusqu’à ce que les prix grimpent à un rythme annuel d’environ 1%, compatible selon elle avec le retour à une croissance durable.

La banque centrale prévoit pour l’instant que les prix vont très légèrement augmenter de 0,2% sur l’ensemble de l’année budgétaire d’avril 2012 à mars 2013, puis un peu plus vigoureusement, de 0,7%, en 2013-2014.

La BoJ pourrait toutefois revoir à la baisse ces prévisions le 30 octobre, lorsqu’elle publiera son diagnostic semestriel sur l’économie japonaise.

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