Les fabricants de tsumugi d’Oshima (pongé de soie tissé dans la préfecture de Kagoshima) cherchent à ranimer leur industrie dans un marché frileux où leur production est perçue comme luxueuse et cérémonielle.

 

Principalement produit sur l’île d’Amami, le tsumugi d’Oshima a une histoire vieille de 1 300 ans. Prisé pour ses motifs délicats, il est entièrement fait à la main et nécessite une trentaine d’étapes pour être être finalisé.

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Contrairement aux kimonos confectionnés à partir d’un tissu blanc, teints par la suite, les kimono en tsumugi (pongé de soie) possèdent un fil de soie teint avant d’être tissé.

De nos jours la production est trente fois moins importante qu’il y a quarante ans, très peu de personnes continuant de porter le kimono au quotidien.

Mais les producteurs de tsumugi d’Oshima ne veulent pas en rester là. Afin également de préserver leur tradition ils cherchent de nouvelles méthodes pour rendre leurs produits attractifs.

Kubota Orimono, une entreprise de Kagoshima, qui produit et vend du tsumugi d’Oshima, a créé de nouveaux produits en novembre dernier.

En association avec un créateur de Tokyo, il vend en ligne des cravates et des sacs en tsumugi décorés de motifs traditionnels appelés « tatsugo ».

« Chic et sophistiqué, nous pouvons être fiers du tsumugi et le vanter dans le monde entier » déclare Tsuyoshi Kawagoe, 56 ans, le responsable du nouveau département d’affaires de l’entreprise.

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Selon une coopérative locale de tsumugi à Oshima, la production de tsumugi a atteint un pic en 1976 avec environ 970 000 tans (un tan est l’unité de mesure japonaise des rouleaux de tissus : un tan fait approximativement 12 mètres de long, soit la quantité nécessaire à la fabrication d’un kimono) mais elle a chuté à 30 000 de nos jours.

Dans le passé, des fabricants confectionnaient des souvenirs en tsumugi mais cela n’a pas rencontré le succès escompté.

Shigeru Kubota, 67 ans et président de Kubota Orimono, précise que le tsumugi était « traditionnellement réservé pour la confection de kimono, et que les japonais n’ont pas le même sens du vêtement que les occidentaux ».

« J’espère créer un nouveau marché en analysant quels types de produits (en tsumugi d’Oshima) ont du potentiel » ajoute-t-il.

En 2014 les producteurs d’Amami ont lancé un projet destiné à vendre leur tsumugi aux riches consommateurs asiatiques grâce à la collaboration entre des municipalités locales et leurs négociants.

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Kanaikougei, une entreprise de l’île spécialisée dans la « teinture de boue » – une des étapes de la création du tsumugi d’Oshima – utilise désormais son savoir-faire traditionnel pour teindre des robes, des chemises, des chaussures de tennis à la demande de fabricants et d’artistes japonais ou étrangers.

« Je pense que la tradition a besoin de se renouveler en accord avec le présent. Je veux voir apparaitre une nouvelle tradition » conclut Yukihito Kanai, 36 ans, le représentant de l’entreprise.

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Les produits de Kanaikougei

Source : Japantimes

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