Les exportations de l’Archipel vers les Etats-Unis ont progressé de 10% l’an dernier, tandis que celles vers la Chine ont chuté de 9%.

 

La Chine avait détrôné les États-Unis en tant que premier client du Japon en 2009. Ils ont repris leur première place pour l’année fiscale 2012-2013 qui s’est terminée le 31 mars dernier.

Les chiffres publiés jeudi par le gouvernement nippon montrent en effet que les exportations de l’Archipel ont augmenté en un an de 10% vers les États-Unis, à 11.400 milliards de yens (116 milliards de dollars), alors qu’elles ont chuté de 9%, à 11.300 milliards de yens vers la Chine.

Le ralentissement de la croissance chinoise, à 7,7% au premier trimestre 2013, contre 7,9% au quatrième trimestre de l’an dernier, explique en partie ce revirement.

Le conflit qui oppose la Chine et le Japon autour de l’archipel des îles Senkaku (Diaoyu pour le Chinois), à 400 kilomètres d’Okinawa, n’y est pas étranger non plus.

Revendiqué par les deux pays, il alimente depuis des mois un très fort sentiment antijaponais en Chine où les produits nippons sont souvent ouvertement boycottés.

Pour le seul mois de mars dernier, où le Japon a vu son déficit commercial quadrupler par rapport à mars 2012, à 362,4 milliards de yens (2,7 milliards d’euros), les importations de l’Archipel, gonflées par les achats d’hydrocarbures, ont augmenté de 5,5%, tandis que ses exportations ne progressaient que de 1,1%.

Mais les ventes nippones vers les États-Unis ont rebondi de 7% alors qu’elles reculaient de 2,5% vers la Chine.

Les livraisons d’équipements pour les centrales thermiques, les automobiles, l’acier ont été les plus touchées par le ralentissement de la croissance chinoise.

À l’inverse, les États-Unis ont affiché une demande très forte de voitures nipponnes, de pièces pour l’automobile et de matériel électrique.

 

La faiblesse du yen dope les ventes

 

Il est déjà arrivé dans le passé que, pour un mois pris de manière isolée, les livraisons du Japon vers les États-Unis dépassent celles vers la Chine, notamment au moment du nouvel an chinois, en janvier ou février, quand l’activité est très réduite dans l’empire du Milieu. Mais cette fois-ci la tendance pourrait durer, estiment des analystes japonais.

Les exportateurs nippons profitent en effet de la faiblesse du yen qui dopent leurs ventes.

La monnaie japonaise a perdu 20% de sa valeur face au dollar et 25% face à l’euro depuis le mois de novembre dernier.

C’est grâce à cela d’ailleurs que le déficit commercial de l’Archipel en mars, le neuvième consécutif, s’est réduit par rapport à celui de février (777,5 milliards de yens, 6,2 milliards d’euros). Il est même le plus faible enregistré par le Japon depuis neuf mois.

Le pays profite aussi d’un net regain d’optimisme général depuis l’arrivée au pouvoir du premier ministre Shinzo Abe qui s’est engagé à combattre l’inflation et à relancer l’économie du pays.

Le moral des ménages, qui s’était effondré après le tsunami et le séisme du 11 mars 2011, est en nette hausse depuis décembre dernier.

Et ce retour des États-Unis sur le devant de la scène tombe à point nommé pour prendre le relais d’une Chine dont la croissance, si elle reste l’un des plus forte au monde, montre des signes d’essoufflement.

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