Le maire d’Osaka a estimé que les « femmes de réconfort » étaient nécessaires pour les soldats, et qu’il n’existe pas de preuve qu’elles aient été contraintes. Une déclaration qui soulève une fois de plus les difficultés du Japon à faire face à son passé.

 

« Maintenir l’ordre dans les rangs ». C’est ainsi que le maire conservateur d’Osaka, Toru Hashimoto, a justifié mardi les esclaves sexuelles utilisées par l’armée japonaise durant la Seconde guerre mondiale.

Selon lui, rien ne prouve officiellement que ces femmes étaient forcées. Depuis la fin de la guerre, le Japon n’a toujours pas reconnu officiellement sa responsabilité pour ces actes.

Les réactions ne se sont pas fait attendre, notamment de la Corée du Sud. Un membre du gouvernement déplore « des commentaires favorables à des crimes contre l’humanité et révèle un sérieux manque de compréhension historique et du droit des femmes », lit-on dans le Guardian.

Selon les historiens, entre 50 000 et 200 000 femmes, la plupart sud-coréennes et chinoises, ont été exploitées par l’armée japonaise de 1932 à 1945. 75% d’entre elles auraient trouvé la mort dans ces bordels.

 

Des excuses incomplètes

 

Si la sortie de Toru Hashimoto fait des remous, c’est aussi parce que les excuses du Japon sont difficiles à avaler pour les anciennes « comfort women » (femmes de réconfort) et la Corée du Sud, avec qui les relations sont encore marquées par la guerre.

En 1993, le Premier ministre Yohei Kono était le premier à reconnaître le tort causé à ces femmes et exprimer ses remords à l’égard de leur souffrance.

Une déclaration sur laquelle l’actuel Premier ministre, Shinzo Abe, était revenu en 2007 lors de son premier mandat, expliquant qu’il n’y avait pas de preuve que ces femmes aient été contraintes.

Les esclaves sexuelles encore vivantes attendent toujours des excuses et des compensations fermes et officielles.

Seules 260 femmes ont accepté les deux millions de yens (15 000 euros) proposés par un fond de donations privées mis en place par le gouvernement. Les autres survivantes ont refusé, considérant que l’Etat japonais ne voulait pas affronter sa responsabilité.

 

Affronter le passé

 

Récemment, le gouvernement a rétropédalé sur l’idée du Premier ministre de revoir la déclaration officielle des « remords » du Japon sur la Seconde guerre mondiale.

Mais les visites de Shinzo Abe au sanctuaire militaire de Yasukuni, considéré comme un symbole nationaliste, suscitent la colère des voisins sud-coréens et chinois.

Sur plusieurs événements, négationnisme et révisionnisme sont fréquents au Japon: l’an dernier, le maire de Nagoya a mis en doute le massacre de Nankin, en Chine, perpétré en 1937, où près de 300 000 personnes ont trouvé la mort.

Un massacre évoqué de façon très allusive dans les programmes scolaires. Japon et Histoire ne font décidément pas bon ménage.

 

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Source: L’express

 

 

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