Sur Google Play, les développeurs asiatiques d’applications de jeux écrasent désormais, en termes de revenus, les leaders occidentaux du secteur.

 

Leurs ventes progressent aussi très rapidement sur l’Apple Store.

Les parents inquiets pouvaient déjà surveiller les déplacements de leurs enfants en traquant, par GPS, les mouvements du smartphone de leur progéniture.

Désormais, ils pourront aussi vérifier que leurs petits ne jouent pas à « Angry Birds » en cours de maths.

Le développeur nippon Optim met en vente, ce mois-ci, une application permettant, pour 500 yens (4 euros) par mois, de bloquer à distance l’usage de jeux ou d’autres services sur téléphone mobile.

Lancée sous Android, l’application pourrait être ensuite disponible sous iOS, le système d’exploitation d’Apple.

Comme nombre de développeurs récemment apparus dans l’Archipel, Optim a été soutenu par NTT, le plus grand opérateur télécom japonais.

Le groupe, qui cherche à contrer l’effritement du marché traditionnel de la voix et veut lutter contre la popularité de l’iPhone, vendu par ses deux grands concurrents KDDI et Softbank, participe à la création de certaines applications sous Android ou en encourage d’autres diffusées sur sa propre plate-forme.

 

Le grand basculement

 

Porté par cette implication des opérateurs et par la popularité locale des services « freemium » -où l’application est gratuite mais les extensions payantes -, le Japon est en train de s’imposer, avec la Corée du Sud, comme l’un des leaders de l’économie mondiale des applications pour smartphones.

Selon la dernière étude du cabinet App Annie, spécialisé dans le suivi des ventes d’applications, les consommateurs japonais dépensent désormais chaque mois sur Google Play, la boutique du géant de l’Internet, plus que les utilisateurs américains.

En décembre dernier, les achats réalisés au Japon et en Corée du Sud représentaient même près de la moitié des revenus mondiaux de Google Play !

Sur l’Apple Store, le marché japonais reste encore à la seconde place derrière les Etats-Unis, mais il connaît une croissance beaucoup plus forte.

Les revenus mesurés en octobre 2012 étaient ainsi dix fois supérieurs à ceux réalisés en janvier de la même année. « On assiste clairement à un basculement du pouvoir vers l’Asie de l’Est », expliquent les analystes d’App Annie.

« Le mouvement est particulièrement spectaculaire sur Google Store, où les utilisateurs japonais et sud-coréens semblent plébisciter un système de facturation intégré qui inclut, dans un même paiement, les appels et les achats d’applications », ajoute Yuji Kuwamizu, le directeur du cabinet d’études à Tokyo.

 

Une passion asiatique

 

Les éditeurs de la région ont dès lors mieux réussi que leurs concurrents occidentaux à monétiser leurs productions de contenu. Désormais, neuf des dix développeurs générant le plus de revenus dans le monde, sur Google Play, sont japonais ou sud-coréens.

Le mois dernier, seul le français Gameloft est venu pertuber cette domination asiatique en se classant au huitième rang des éditeurs en termes de revenus.

Sur l’Apple Store, trois japonais et un sud-coréen se placent déjà dans les dix premières places en termes de revenus.

 

Plus que sur les autres continents, cette consommation est concentrée sur des achats de jeux.

Au Japon, 88 % des revenus des éditeurs présents sur Google Play proviennent de jeux. En Corée du Sud, ce taux atteint 95 %.

Cette passion asiatique pour les jeux mobiles profite aux éditeurs locaux. Mais, en dépit de leur force de frappe marketing, les grands éditeurs qui dominent l’Occident semblent pour l’instant incapables d’imposer leurs applications dans la région.

Selon une autre statistique d’App Annie portant sur les neuf premiers mois de l’année 2012, les géants Electronic Arts, Zynga et Rovio n’arrivent même pas à se classer dans le Top 20 des éditeurs générant le plus de revenus au Japon.

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