Au Japon, le shunto, la négociation salariale, aura lieu au printemps prochain. Le premier ministre Shinzo Abe souhaite une revalorisation des salaires afin de relancer la consommation. Une position plus ou moins partagée par le patronat.

 

Le prochain shunto sera déterminant pour la réussite de la politique économique du premier ministre nippon Shinzo Abe, connue sous le terme d’Abenomics. Le shunto? Ce terme japonais désigne l’«offensive de printemps», la traditionnelle négociation salariale.

Tandis qu’en France le gouvernement limite la hausse du smic afin de ne pas alourdir le coût du travail, au Japon au contraire, Shinzo Abe plaide pour une revalorisation salariale, après quatre de stagnation. Son objectif est de relancer la consommation, en compensant la hausse de la TVA prévue en avril.

«Depuis plusieurs années, à cause de la déflation, les Japonais travaillent dur sans voir d’augmentations de salaires», commente Tadakatsu Sano, avocat chez Jones Day, ancien conseiller du premier ministre Hatoyama en 2009-2010 et ancien haut responsable du ministère de l’Économie.

Les prix, hors énergie et importations alimentaires, ont connu en octobre leur plus forte augmentation depuis quinze ans. Une excellente nouvelle pour le gouvernement Abe qui veut rehausser l’inflation à 2 %.

Mais, pour le consommateur, la perception de perte de pouvoir d’achat prévaut. Le yen faible renchérit les prix de l’énergie et des aliments importés.

 

Système rigide

 

«Si les patrons sont hostiles aux augmentations de salaires, poursuit l’économiste japonais, ce sera un échec pour l’Abenomics.»

Pour l’heure, la position du patronat est diverse, à l’image de l’économie nippone. Pour Kazuo Hirai, le PDG de Sony, pas question d’augmentations automatiques tant que le géant de l’électronique enregistre des pertes.

Pour le secteur de la distribution, les supermarchés ou les chaînes de prêt-à-porter comme Uniqlo, très dépendants des importations, plus chères, les hausses de salaires ne sont pas à l’ordre du jour, explique Tadakatsu Sano.

En revanche, dans les secteurs industriels bénéficiaires d’allégements d’impôts dans le cadre de l’Abenomics, les patrons se montrent «coopératifs», note «Tad» Sano.

Après s’être tus pendant quatre ans, les syndicats plaident pour une augmentation pérenne des salaires quand le patronat privilégie des primes ponctuelles. Abe est plus favorable à cette seconde option plus souple.

Le gouvernement devrait s’attaquer au mode de rémunération, encore très «rigide», plaide Tadakatsu Sano. L’emploi à vie et la prime à l’ancienneté dominent encore dans les grandes entreprises.

Pour nombre d’experts, le succès de l’Abenomics passera par des hausses de salaires à condition qu’elles s’accompagnent de réformes assouplissant le système.

 

Source: Le figaro

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