Ceci est la seconde partie d’une série de cinq. Pour lire la première partie :

http://www.nipponconnection.fr/le-quotidien-dapprenties-geisha-lorsque-des-adolescentes-frappent-a-la-porte-de-la-tradition/

 

Dans le monde des geishas, avant qu’une jeune fille ne puisse faire ses débuts comme artiste professionnelle, elle doit supporter de nombreuses années d’un entrainement strict et rigoureux.

 

Durant leur première année d’apprentissage les jeunes filles n’ont pas encore de nom professionnel, elles sont ‘shikomi’, des apprenties dans la phase préparatoire.

Avec d’autres shikomi, maiko et geiko, elles vivent dans une ‘okiya’, établissement dirigé par une ‘okami’ souvent une ancienne geiko qu’elles appellent ‘mère’ et y apprennent les coutumes et les règles du hanamachi. Les membres d’une okiya sont comme une famille et elles se désignent entre elles par l’appellation sœur aînée ou cadette.

Pour Asaki Hasegawa, une shikomi de 15 ans du quartier de Miyagawacho, l’une des épreuves les plus difficiles fut de maitriser le dialecte de Kyoto en vigueur dans ce monde.

« Mes aînées m’ont gentiment enseigné le dialecte de Kyoto, » explique la native de Tokyo. La jeune fille a décidé de rejoindre le monde des geishas alors qu’elle était collégienne. Elle avait été émerveillée par de jeunes geiko lors d’un voyage scolaire à Kyoto destiné à étudier les traditions de l’ancienne capitale.

Tout en travaillant dans leurs okiya à aider leurs aînées, les apprenties prennent des cours de danse quotidiennement, leur emploi du temps chargé ne leur laisse pas de répit jusque tard le soir.

Une autre épreuve délicate de ses premiers mois d’apprentissage était de toujours devoir s’assoir en ‘seiza’ les jambes repliées sous soi ce qui les engourdissaient.

« J’étais malheureuse les premiers mois mais je me suis progressivement accoutumée » se rappelle Hasegawa. Peu à peu mes aînées m’ont chargée de tâches pour elles, surement en gage de leur confiance envers moi ».

Pendant cette première année d’apprentissage beaucoup de jeunes filles abandonnent à cause de la routine et de l’entrainement sévère et très exigeant. Après cette période de shikomi, les jeunes filles deviennent des apprenties-maiko, ‘minarai’ pour un à deux mois.

Durant ces quelques semaines, la minarai porte le kimono, le maquillage blanc et la coiffure de la maiko mais leur ceinture plus courte les en distingue.

Les minarai participent aux banquets traditionnels ‘ozashiki’ où elles secondent leurs aînées, apprennent la manière de se conduire avec les invités et participent à leurs premières performances artistiques devant eux. Elles commencent aussi à se maquiller toutes seules après avoir longuement observé leurs sœurs à l’ouvrage.

Les cheveux d’une minarai sont arrangés en chignon ‘wareshinobu’, la première coiffure de la maiko (qui au milieu de la carrière en change pour l’ofuku). Elle doit rester intacte durant une semaine, et pour se faire la jeune fille doit dormir sur un repose-nuque inconfortable.

Le 8 décembre dernier la camarade de Hasegawa, Yuki Kaneda, après ses premiers ozashiki en tant que minarai, est officiellement devenue maiko sous le nom Toshihina.

« J’ai encore beaucoup de choses à apprendre de mes aînées pour savoir m’occuper des clients, » déclare Toshihina.

 

Source : Asahi shimbun || Image : Shutterstock.com

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