Le Japon est en ébullition, alors que vient d’être découverte, de manière inopinée, une nouvelle signée par le Nobel de littérature de 1968, Yasunari Kawabata.

 

Obsédé par la mort, la solitude et une quête infinie de la beauté, l’auteur compte parmi les plus grands du XXe siècle pour le Japon. Il fut d’ailleurs le premier japonais à obtenir un Nobel de littérature.

Le chercheur de l’université de Rikkyo, Takumi Ishikawa, qui est à l’origine de la découverte, n’en revient toujours pas. La nouvelle de Kawabata avait été publiée dans un journal de Fukuoka, une ville située à l’ouest de l’Archipel, précise-t-il à l’AFP. Utsukushi !, que l’on peut traduire par Magnifique, aurait été écrite entre avril et mai 1924, alors que Kawabata avait 28 ans, assure Japan Daily Press.

Ses parents étaient alors déjà décédés, et y compris son grand-père, l’homme qui l’avait éduqué. Yasunari fut en fait orphelin à l’âge de trois ans.

C’est avec la complicité de l’éditeur Hiroshi Sakaguchi, qui s’occupe d’un musée littéraire dans la ville de Fukuoka, qu’Ishikawa a mis la main sur la nouvelle. Perdus dans les archives du journal local, les hommes étaient à la recherche de quelque chose, et sont tombés sur ce texte. Il a été immédiatement envoyé auprès d’experts pour obtenir la confirmation de son authenticité.

Ishikawa explique les raisons de cette disparition : « À cette époque, de nombreux écrivains connus cherchaient à se faire publier dans des journaux locaux, car les quotidiens à grand tirage de la presse nationale avaient été ravagés par le séisme de 1923 à Tokyo. » De quoi facilement oublier le texte qui raconte une histoire terrible.

 

Un industriel décide d’enterrer une jeune femme qui se rendait sur la tombe de son fils handicapé. La femme a un accident sur cette tombe, et finira inhumée aux côtés de l’enfant. Sur la pierre tombale, le père fait graver la phrase suivante : « Un beau jeune homme et une belle jeune fille dorment ensemble. »

Le texte compte 400 caractères, et finalement pour oublier les mauvaises ventes pour les livres, à l’époque, le jeune garçon aurait privilégié la parution en revue. Le manuscrit semble avoir été acheté par le musée et centre de littérature municipal Kawabata, situé à Ibaraki, dans la préfécture d’Osaka

Selon l’universitaire, la nouvelle trouva un écho dans un autre texte, publié cette fois en 1954, Utsukushiki Haka (à comprendre commme Une belle tombe), qui semble reprendre la thématique de ce premier texte.

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