Le tout nouveau ministre japonais de la justice Keishu Tanaka a reconnu vendredi avoir fréquenté la pègre japonaise, les Yakuza, il y a une trentaine d’années, mais n’a pas pour autant l’intention de démissionner.

Suite aux révélations jeudi dernier de l’hebdomadaire Shukan Shincho sur ses fréquentations passées, le ministre a confirmé lors d’une conférence de presse qu’il y a 30 ans il avait effectivement servi d’intermédiaire pour le mariage du fils d’un chef Yakuza et qu’il avait assisté à une soirée organisée par un chef de la pègre de Yokohama.

 «Si j’avais su que cette soirée était organisée par un membre du syndicat du crime, je n’y serais certainement pas allé», a assuré le ministre, qui s’est défendu de tout gain personnel ou d’avoir favorisé des membres de la pègre.

Tout en présentant ses excuses et en promettant de «réfléchir honnêtement sur (son) passé», Keishu Tanaka a indiqué qu’il allait «veiller à ce qu’il n’y pas d’autre scandale» et souhaitait «continuer à remplir ses fonctions».

 
L’opposition envisage de déposer une motion de censure

Le ministre, nommé le 1er octobre dernier lors d’un remaniement du cabinet, a reçu par la suite le soutien du porte-parole du gouvernement Osamu Fujimura. Mais cette affaire tombe à un très mauvais moment pour le gouvernement du Premier ministre Yoshihiko Noda, déjà en mauvaise posture dans les sondages pour les prochaines élections anticipées avant la fin de l’année.

«C’est incroyable! Le ministre de la Justice est le garant de la loi. Après avoir avoué ce qu’il a fait, il devrait démissionner», s’est exclamé Yoshihide Suga, un membre influent du Parti Libéral Démocrate (PLD), le principal parti d’opposition. Selon le Japan Times, le nouveau président du PLD, Shinzo Abe, envisagerait de déposer une motion de censure contre le ministre.

D’après le même quotidien, Keishu Tanaka, qui en est à son sixième mandat de député, avait déjà été sous les projecteurs une semaine à peine après sa nomination pour avoir reçu des fonds d’une société dirigée par un ressortissant chinois.

Ce scandale n’est pas le premier à se produire au sein du gouvernement de Yoshihiko Noda. Précédemment l’opposition a obtenu la démission du ministre de la Défense accusé de faibles connaissances des problèmes militaires.

 

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