Le Japon devrait s’engager à verser 14 milliards d’euros d’aide aux dix pays d’Asie du sud-est, samedi lors d’un sommet à Tokyo destiné à renforcer leurs liens face à une Chine en pleine ascension, ont rapporté des médias nippons vendredi.

 

Décidément, l’Asie du Sud-Est attire les convoitises. Américains, Chinois et Japonais se disputent en effet les bénéfices à tirer des précieux points de croissance d’une région en plein essor.

Dernier mouvement en ce sens, les 14 milliards d’euros d’aides sous forme de dons et de prêts qu’entendrait octroyer le Japon à ses voisins, lors d’un sommet à Tokyo samedi, selon les médias nippons.

Ce montant serait réparti entre les dix pays membres de l’Association des nations d’Asie du sud-est (Asean), c’est à dire la Birmanie, Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam.

La tension monte entre Tokyo et Pékin

 

Cette aide accordée par le Japon n’aurait rien d’anodin, alors que le pays est en plein bras de fer diplomatique depuis des mois avec la Chine au sujet de l’archipel qui englobe les îles Senkaku, en mer de Chine méridionale.

Ces dernières, administrées par Tokyo mais revendiquées par Pékin, sont situées en plein milieu d’une voie maritime stratégique, riche en ressources halieutiques et soupçonnée d’abriter des gisements d’hydrocarbures.

Fin novembre, Pékin a franchi un nouveau palier en décrétant une « zone d’identification aérienne » (ZAI) au-dessus de la mer de Chine orientale qui chevauche celle du Japon et surtout englobe les îles Senkaku.

La Chine exige de tout appareil étranger qui la traverse de communiquer son plan de vol et de s’identifier.

 

Former un front face à la Chine

 

Lors du sommet qui doit s’ouvrir samedi, le Premier ministre japonais Shinzo Abe entend profiter des tensions territoriales qui existent aussi entre la Chine et quatre pays de l’Asean pour former un front commun face à la Chine.

A la veille de cette rencontre, le gouvernement japonais a étendu trois accords bilatéraux d’échanges de devises (« swap ») distincts, avec l’Indonésie, les Philippines et Singapour.

Ces ententes ont pour but de soutenir les pays d’Asie du Sud-Est en cas de tension financière. Si nécessaire, en vertu de ces accords, la Banque du Japon pourrait fournir des liquidités en dollars aux banques centrales des pays concernés, en échange de liquidités libellées en monnaie de ces pays, et ce à un taux fixé à l’avance.

L’objectif est de permettre à ces pays de se fournir en dollars à un tarif raisonnable lorsque leur propre monnaie est attaquée sur le marché des changes.

 

Tokyo place ses pions en Asie du Sud-Est

 

Vendredi, le Japon et l’Indonésie ont annoncé avoir quasi doublé le plafond prévu par leur accord de « swap », à 22,76 milliards de dollars. Le Japon et les Philippines l’ont pour leur part doublé, à 12 milliards de dollars.

Tokyo et Singapour ont de leur côté renouvelé un accord portant sur l’échange maximum de 4 milliards de dollars.

La région est un vivier de croissance pour les entreprises japonaises. Lors de son entrée en fonction fin 2012, le Premier ministre Shinzo Abe avait fait de la région sa priorité, et lui avait consacré sa première visite diplomatique.

 

 

Source: La tribune

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