Le premier ministre japonais menace de repousser «par la force» toute tentative de débarquement sur les îles Senkaku.

 

Dans une nouvelle poussée de fièvre en Mer de Chine orientale, le Japon et la Chine se défient par flottilles interposées.

Et le premier ministre japonais Shinzo Abe a prévenu qu’il repousserait «par la force» toute tentative de débarquement chinois sur les îles Senkaku, appelées Diaoyu par Pékin.

Une flottille gouvernementale chinoise de huit navires est entrée mardi dans les eaux des îles contestées. C’est la première fois qu’ils s’avancent aussi nombreux aussi loin, soulignent les Japonais.

Tokyo a immédiatement dénoncé une «intrusion extrêmement regrettable», dans ses «eaux territoriales». Et le gouvernement japonais a convoqué l’ambassadeur chinois.

Interrogé par un parlementaire sur ce qu’il ordonnerait si les Chinois mettaient le pied sur ces îlots, Shinzo Abe a répondu: «Il serait normal que nous les repoussions par la force si d’aventure ils débarquaient».

Les îles Senkaku-Diaoyu sont au cœur d’un contentieux territorial entre les deux pays. La tension est montée en septembre dernier, quand le Japon a acheté trois des cinq îles de cet archipel inhabité à leur propriétaire privé nippon.

Depuis, la Chine envoie régulièrement des navires, voire des avions désormais, dans cette zone.

De son côté, la Chine a énergiquement protesté contre l’arrivée dans ces eaux disputées d’une autre flottille, armée celle-là par des nationalistes japonais.

Quelque 80 militants du mouvement nationaliste Ganbare Nippon («Tiens-toi ferme, Japon»), ont pris place à bord d’une dizaine de bateaux. Ils affirment que leur objectif est d’étudier les ressources halieutiques, et de démontrer que ces îles peuvent faire vivre des marins pêcheurs japonais.

En août dernier, une dizaine de membres de Ganbare Nippon avaient débarqué sur un des îlots, provoquant la colère des autorités chinoises et des manifestations antijaponaises dans toute la Chine.

Ce mardi, les garde-côtes japonais leur ont demandé de quitter la zone. A Pékin, le ministère chinois des Affaires étrangères a dénoncé une action «illégale et provocatrice».

Ce chassé-croisé nautique et ces passes d’armes verbales interviennent alors que la visite de 170 parlementaires japonais au sanctuaire Yasukuni – symbole du «militarisme nippon» pour Pékin – a suscité l’ire chinoise.

C’est dans ce lieu que sont honorés les soldats japonais morts pour la patrie, dont 14 Japonais reconnus coupables de crimes de guerre par les Alliés après la Seconde Guerre mondiale.

La semaine dernière, trois ministres japonais – dont le vice-premier ministre et ministre des Finances Taro Aso – s’étaient déjà rendus au sanctuaire, ce qui avait poussé la Corée du Sud à annuler un déplacement au Japon de son chef de la diplomatie.

Shinzo Abe s’est abstenu de s’y rendre, mais il a offert dimanche un pin au sanctuaire. La Chine a estimé que ces hommages étaient autant de nouvelles «tentatives de nier le passé d’agression du Japon».

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