Alors que le Premier ministre japonais appelait le matin même à résoudre le conflit territorial opposant Tokyo à Moscou, deux Sukhoï ont fait peu après irruption au large d’Hokkaïdo, dans le nord de l’archipel. La Russie dément.

 

Deux avions chasseurs russes sont entrés jeudi dans l’espace aérien japonais, a annoncé le ministère nippon de la Défense qui a fait immédiatement décoller quatre appareils des forces nippones.

Ces avions russes, des Su-27, ont pénétré quelques secondes dans l’espace nippon à 14h59 locales (6h59 heure française), au large de l’île septentrionale de Hokkaido. Il s’agit de la première incursion russe depuis cinq ans. Le ministère nippon des Affaires étrangères a formulé une protestation officielle auprès de la Russie.

Cet incident est arrivé quelques heures à peine après que le Premier ministre nippon, Shinzo Abe, a dit vouloir trouver «une solution mutuellement satisfaisante» à un différend territorial entre les deux pays à propos des îles Kouriles du Sud, revendiquées par Tokyo sous le nom de Territoires du Nord. «Ma résolution reste la même de faire tout mon possible pour signer un traité de paix avec la Russie une fois cette question résolue», a déclaré Abe à Tokyo devant quelque 2 000 anciens habitants de ces îles et leurs familles.

La Russie a démenti l’intrusion, selon l’agence publique Ria Novosti. «Les avions de la Flotte du Pacifique volent régulièrement dans cette région dans le strict respect des règles internationales, sans violation des frontières», a déclaré un porte-parole du District militaire de l’Est, Roman Martov.

 

Des exercices militaires ont débuté mercredi autour de l’archipel des Kouriles. Martov a expliqué que des avions de lutte anti-sous-marine avaient dans le cadre de ces manœuvres effectué jeudi des exercices en mer d’Okhotsk et près des Kouriles du sud.

Moscou et Tokyo se disputent quatre îles de l’archipel des Kouriles du Sud qui ont été annexées par les Soviétiques à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce différend empêche depuis lors la signature d’un traité de paix. En novembre 2010, Dmitri Medvedev, alors président de la Russie, avait provoqué la colère du Japon en devenant le premier chef de l’Etat russe à se rendre sur cet archipel.

Le Premier ministre japonais de l’époque, Naoto Kan, avait qualifié ce déplacement d’«outrage impardonnable». Fin décembre dernier, Shinzo Abe, à peine adoubé Premier ministre, et le président russe Vladimir Poutine étaient convenus de relancer les négociations pour la signature d’un traité de paix. Au cours d’un entretien téléphonique, Shinzo Abe avait également accepté de se rendre en visite en Russie en 2013.

Discussions

Laisser un commentaire