Aux vues de son développement urbain, on croirait que le Japon n’a connu que la croissance, mais depuis 20 ans, le pays ne connait que la crise.

En effet, sorti de sa longue période déflationniste en 2005, il subit ensuite la crise bancaire mondiale en 2008. Aujourd’hui, aux vues de ses chiffres de croissance en 2011, on pourrait croire que le pire est passé,  mais il n’en est rien.

 

Le faux rebond de 2011

 

Voici la croissance du PIB réel en pourcentage du japon depuis 2006

 

Comme partout dans le monde, la période de 2008 a provoqué un effondrement du PIB. En 2009, le niveau de richesse a réussi à se maintenir,  puis a rechuté début 2011. Le drame de Fukushima a dans un premier temps réduit la production, mais l’a relancé très fortement ensuite. En effet, le calcul du PIB ne compte pas les destructions, mais il prend en compte les reconstructions, donc les dépenses du gouvernement ont permis un retour de croissance. Néanmoins, une fois l’intervention passée, la tendance redevient à nouveau très erratique avec des pressions baissières importantes.

 

La raison de la crise japonaise

 

 

Le Japon connait une déflation depuis fort longtemps. Après l’éclatement de la bulle spéculative au début des années 90, le pays s’est enfoncé dans une longue crise déflationniste. C’est-à-dire une baisse générale des prix. Normalement, dans une économie en bonne santé, les prix s’apprécient constamment à des taux raisonnables, autour de 2% et les salaires doivent suivre pour s’éviter une stagflation. Au Japon, tout est à l’envers, au milieu des années 90, dans une situation calamiteuse, la BoJ s’est mise à abaisser constamment ses taux directeurs pour faire de la relance monétaire.

Mais même en frôlant des taux directeurs à 0%, les prix ne remontent pas et les banques ne prêtent pas suffisamment. Alors, à défaut d’avoir une facilité naturelle pour la création de liquidité, la BoJ s’est mise à tout simplement offrir des liquidités aux banques et autres institutions financières, depuis cette pratique est devenue presque banale. Elle explique tout autant l’incroyable niveau d’endettement du Japon, actuellement au-dessus de 220% du PIB, la BoJ injecte des liquidités dans le pays qui sont prêtées à leur tour. En clair, c’est seulement de l’argent sortant d’une poche pour aller dans une autre.

 

Le plan de relance

 

Déjà jugé comme insuffisant, le gouvernement prépare une relance budgétaire de 422 Milliards de Yens,  soit un peu plus de 4 Milliards d’euros. Cette aide sera principalement apportée  aux PME ayant été touchées le tsunami. D’après le gouvernement, cette mesure devrait assurer 0.1 point de PIB. La BoJ se réunit mardi, on attend de voir ce qu’il en sortira, mais dans les conditions actuelles, la banque centrale pourrait à nouveau relancer la planche à billet pour limiter le risque déflationniste par une inflation artificielle.

En conclusion, la politique de QE que l’on attribue principalement à Ben Bernanke, a déjà été expérimentée longuement au Japon. On ne peut pas conclure à son inefficacité, car peut être que sans ces assouplissements quantitatifs, le Japon serait plus lourdement atteint. En tout cas, on peut être sûr que c’est loin d’être un new deal, ça limite peut être la casse, mais ça ne résout rien. Beaucoup d’économistes voient déjà le Japon en récession l’an prochain, après 10 ans de planche à billet, il faudrait envisager d’autres solutions.

 

 

Source: statistiques OCDE

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