Le chef de l’opposition japonaise et favori pour le poste de Premier ministre, Shinzo Abe, s’est rendu mercredi au sanctuaire de Yasukuni à Tokyo abhorré par la Chine et les Coréens.

Président du principal parti d’opposition, le Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite), M. Abe est en tête des sondages pour succéder à l’actuel Premier ministre de centre-gauche, Yoshihiko Noda, après les élections législatives prévues d’ici quelques mois.

Je suis venu en tant que président du PLD pour présenter mes hommages et prier pour les esprits héroïques qui ont sacrifié leur vie pour le pays, a déclaré M. Abe à la presse.

Vénéré dans les milieux nationalistes japonais, le sanctuaire de Yasukuni qui honore les soldats nippons tués pendant les guerres modernes est considéré comme le symbole du passé militariste du Japon en Asie, particulièrement en Chine et dans les deux Corées.

Les visites de responsables gouvernementaux japonais sur place sont souvent dénoncées à Pékin, Séoul et Pyongyang.

Dès mercredi soir, l’agence officielle Chine nouvelle a dénoncé un geste qui va empoisonner encore davantage les relations bilatérales déjà récemment mises à mal par un regain de tension autour des îles Diaoyu/Senkaku en mer de Chine orientale, administrées par Tokyo mais revendiquées avec force par la Chine.

A un moment aussi délicat, la visite de M. Abe (…) ajoute une nouvelle insulte et porte un nouveau coup à des relations sino-japonaises déjà fragiles, a estimé Chine nouvelle.

Ces actions provocantes et de courte vue vont nuire aux intérêts du Japon et de son peuple, prévient l’agence officielle chinoise qui relève que déjà les tensions politiques ont eu des conséquences économiques graves pour les deux parties.

M. Abe, réputé comme un faucon, a souvent visité le sanctuaire de Yasukuni mais s’en était abstenu lorsqu’il était lui-même Premier ministre (2006-2007) pour ne pas envenimer les relations du Japon avec ses voisins.

Interrogé sur son attitude à ce sujet au cas où il redeviendrait chef du gouvernement, il a répondu qu’il préférait ne rien dire à ce propos, au vu des relations actuelles avec la Chine (et) la Corée du Sud.

La tension est aussi montée en août entre Tokyo et Séoul, après le déplacement du président sud-coréen, Lee Myung-bak, sur des îles de mer du Japon (appelée mer de l’Est par les Coréens) tenues par la Corée du Sud mais réclamées par le Japon.

La réputation sulfureuse du sanctuaire tient au fait que les noms de 14 criminels de guerre, condamnés par les Alliés à la fin de la Seconde guerre mondiale, y ont été secrètement ajoutés en 1978 à ceux des 2,5 millions de soldats tombés pour le Japon lors des guerres modernes.

Aucun Premier ministre en exercice ne s’est rendu à Yasukuni depuis le mandat du dirigeant PLD Junichiro Koizumi (2001-2006) dont les régulières visites sur place avaient provoqué la colère des voisins du Japon.

 

 

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