Le poids électoral des personnes âgées condamnerait toute grande réforme d’avenir.

 

Faisons voter les bébés. C’est l’audacieuse proposition lancée par le « Nikkei », le très influent quotidien économique japonais, qui s’inquiète du poids étouffant qu’exerce la population âgée de l’Archipel sur l’agenda politique de la nation vieillissante.

Contrôlant démographiquement les scrutins, les Japonais les plus anciens condamneraient le pays à négliger les réformes structurelles clefs qui doivent pourtant définir son avenir pour se concentrer seulement sur la seule gestion du temps présent.

Il n’y aurait plus d’appétit électoral pour les projets évoquant la sauvegarde du système de sécurité sociale, l’envolée de la dette publique ou le futur de l’éducation, avancent les politologues, qui pointent depuis longtemps la faible représentation des jeunes dans le corps électoral.

Moins nombreux mais également moins mobilisés que leurs aînés – comme c’est le cas dans les pays développés -, les Japonais âgés de 20 à 29 ans n’ont représenté que 7,6 % des électeurs aux législatives de 2010.

A peine 2 millions de personnes âgées entre 20 et 24 ans étaient alors allées voter. Au même moment, 8 millions de personnes âgées entre 60 et 64 ans s’étaient déplacées. Mais aussi plus de 8 millions de plus de 75 ans.

Pour mieux prendre en compte les considérations de la jeunesse, les deux grands partis traditionnels du pays, le LDP au pouvoir et le DPJ, promettent depuis des années d’abaisser le droit de vote à 18 ans contre 20 ans aujourd’hui.

Mais l’impact électoral de cette mesure serait négligeable tant la domination de l’électorat âgé est forte, regrettent les sociologues.

 

Intégrer les enjeux d’avenir

 

Reprenant les travaux du démographe américain Paul Demeny, qui ont déjà inspiré des élus en Allemagne ou en Hongrie, le « Nikkei » propose d’abaisser le droit de vote à « zéro  an ». Les parents seraient incités à voter au nom de leurs enfants jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de 15 ans.

Portant ce vote supplémentaire, ils seraient naturellement poussés à prendre plus en compte, dans leurs choix, la capacité des candidats à mieux intégrer les enjeux d’avenir qui pèseront sur la vie de leur progéniture.

Si le débat agitait, cette semaine, la tweetosphère nippone, il ne semblait guère émouvoir les deux grands partis de l’Archipel.

Pourtant la situation s’aggrave : les 16,5 millions de Japonais de moins de 15 ans ne représentent que 13 % de la population, alors que les plus de 65 ans dépassent les 30 millions, soit 24 %.

 

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Source: Les échos

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