Non loin des réacteurs de Fukushima, « J Village » accueillait les footballeurs japonais lors de leurs stages. Aujourd’hui, les terrains sont des parkings et les bâtiments accueillent les ouvriers chargés de la reconstruction.

 

A 20 km des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima, touchés de plein fouet par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, se trouve le « Clairefontaine japonais ».

Inauguré en 1997 en vue du Mondial 2002 et conçu sur le modèle de l’Institut national du football (INF), J-Village n’est plus que l’ombre de lui-même. Plus aucun footballeur n’arpente les terrains, transformés en parking.

Au sol, des fentes rappelant la violence d’un tremblement de terre de magnitude 9 sur l’échelle de Richter.

Et sur place, depuis les lendemains de la catastrophe, des ingénieurs et des ouvriers chargés de sécuriser la centrale de tous les dangers, le centre étant situé entre la zone d’exclusion (20 km) et la zone de confinement (30 km).

« J Village a été transformé en une base de liaison. Il y a 3 000 employés de la centrale qui utilisent les lieux pour venir se changer et se reposer avant d’aller vers le site de Fukushima Daiichi », explique Toyoharu Takata, vice-président de J-Village.

Il y a également des employés de TEPCO, qui logent sur place. Afin de recycler les installations de l’époque du haut-niveau sportif, le staff de J-Village a créé une salle de gym dans des locaux de la ville voisine d’Iwaki.

« Il y a beaucoup de personnes âgées à Iwaki, raconte Takata, nous avons récemment dépassé 5 000 visiteurs, cette belle salle de gym est une espèce d’oasis pour eux. »

Environ 20 000 personnes ont péri ou été portées disparues, et deux ans après, on compte encore 160 000 déplacés. Une partie des footballeurs ont été redirigés dès le printemps 2011 vers d’autres lieux de l’archipel.

Cent vingt-cinq jeunes du centre de formation entre 13 et 18 ans ont atterri à Gotemba, près du mont Fuji, dans le département de Shizuoka au sud de Tokyo.

Il n’y a pas eu de délocalisation complète, les équipes nationales s’entraînant à différents endroits. Au milieu des incertitudes, la fédération japonaise envisagerait la construction d’un petit J-Village vers Sendai ou Narita, près de Tokyo.

 

L’ex-international Atsushi Yanagisawa, aujourd’hui au Vegalta Sendai, se souvient.

 

« C’était triste. J’avais commencé avant la catastrophe à suivre des cours d’entraîneur là-bas, je n’ai plus pu m’y rendre. J’ai continué mes cours au nouvel endroit, à Gotemba.

Il y avait là certains jeunes de l’institut national du football japonais qui avaient été délocalisés, ils étaient un peu abattus. Il me semble selon ce qu’on entend qu’on y retournera plus avant 5 ou 10 ans non ? » Qu’en pense Takata, le responsable de J-Village ?

« Ça va être difficile, explique-t-il. Toutefois, nous ne renonçons pas à faire revenir un jour les équipes nationales car les moyennes de radiation sont dès aujourd’hui bien inférieures à la moyenne tolérée. Il y a quelques jours, le niveau de radioactivité à l’entrée de J-Village était seulement de 0.1 microsievert par heure ce qui ne fait même pas 1 millisievert par an, nous sommes dans les normes internationales de l’ONU. »

Mais la centrale inquiète toujours et un sarcophage, sur le modèle de Tchernobyl, est en construction pour coiffer certains des réacteurs. On ne prévoit pas son démantèlement avant un demi-siècle…

« La fédération et TEPCO ont promis que J-Village serait opérationnel dans le futur, poursuit Takata. Mais tant que la centrale nucléaire ne sera pas complètement sécurisée, il sera difficile de faire venir des gens ici et d’améliorer l’image de Fukushima. »

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